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 [end] (four years before) You belong with me - Woonie -

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Yoo Na Eun
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MessageSujet: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Dim 27 Nov - 8:53

    Le réveil sonne, stridente et difficilement supportable. Ta main émerge de sous les draps pour le faire taire. Puis se découvre peu à peu ta tête, ensuite viennent tes épaules. Un courant d’air glacial te fait frissonner ; rien ne t’invite à quitter la tiédeur du lit. Pourtant, il le faut bien ; les cours commencent dans une vingtaine de minutes. Mais alors que tu te redresses, un bras se referme sur ta taille et te ramène contre les oreillers. Tu protestes faiblement, mais trois, quatre baisers viennent à bout de tes plus vives résistances.


Na Eun n’a jamais su danser. Maman Yoo aurait bien voulu y remédier ; des chaussons roses et un chignon bien tressé auraient si bien complété sa parfaite panoplie d’enfant modèle. Mais des dizaines d’heures de pointes et d’attitudes n’ont pas suffi à insuffler à la demoiselle le moindre sens du rythme. Toutes les remarques acerbes, toutes les punitions que sa mère lui infligées après de nouveaux échecs n’y ont rien fait. C’était comme une révolte silencieuse de son corps contre un énième surplus de discipline. Même après des années, ses mouvements se succèdent toujours de manière chaotique et désordonnée. Pantin désarticulé, marionnette dont on aurait coupé les fils, il lui arrive même de soudain s’effondrer. A ce niveau-là, ce n’est plus de la maladresse, mais une simple malédiction qu’aucun sort, ni effort ne pourra défaire. En apprenant qu’à Kirin, le cours de danse était obligatoire, la jeune fille a failli renoncer. Mais ç’aurait été s’avouer vaincue et faire marche arrière. Ç’aurait été rentrer chez Papa Yoo et le laisser gagner. Cela, elle ne pouvait l’accepter. Alors depuis trois années déjà, il lui faut s’entraîner tous les soirs de la semaine, quitte à n’obtenir que des résultats passables, voire médiocres à l’examen.

« Et un, deux, trois, quatre ; et cinq… »

Ses pas claquent sur le plancher de la salle de danse, et leur écho se réverbère contre les larges baies vitrées qui inondent la pièce de lumière. La musique, elle aussi, emplit l’air ; les notes s’égrainent d’abord avec lenteur, et son corps parvient à peu près à suivre la cadence. Sa silhouette se meut doucement, ses bras s’ouvrent peu à peu. Puis un de ses genoux fléchit ; dès lors, comme la chorégraphie le prévoit, Na Eun effectue un demi-tour sur elle-même. Elle ondule du bassin, mais déjà la mélodie accélère et gagne en vigueur. Quand elle fait à nouveau face à son reflet dans la glace murale, la jeune fille se trouve à contretemps. Il lui vient bien à l’idée de persister quelques secondes, quelques minutes encore. Mais ses gestes se brouillent toujours davantage, ne devenant bientôt plus que confusion. La demoiselle s’immobilise donc, tapant du pied sur le sol, frustrée.

« Na Eun, qu’est-ce qui se passe ces derniers temps ? Certes, tu n’as jamais été parmi les meilleures de ce cours, mais il n’a jamais fait aucun doute que tu travaillais. Mais là… rien que pour la semaine passée, on te compte déjà trois absences. Et quand Mademoiselle nous fait l’honneur d’être présente, c’est comme si elle n’avait pas révisé après les cours ; il faut que tu te ressaisisses. »


Le professeur de danse ne lui a jamais épargné la moindre remontrance. De son port de tête à l’angle formée par sa jambe recourbée, il y a toujours quelque chose qui cloche. Na Eun le sait, et les critiques ne la surprennent pas. Elle les accepte donc sans broncher. Mais le sermon qu’on lui a servi aujourd’hui s’est avéré plus difficile à digérer. Il n’est certes pas infondé, mais la touche de trop près. Les mots sévères qui lui ont été adressés résonnent encore à ses oreilles ; secouer la tête ne lui permet pas de les chasser. Aux reproches qu’elle entend toujours, se mêlent les souvenirs de la semaine qui vient de s’écouler. De ces jours passés à ses côtés, de ces nuits au creux de ses bras… Corps enlacés, mains liées, baisers échangés. Song Hyun Woo. Auparavant déjà, le jeune homme était rarement absent de ses pensées. Il fallait toujours qu’il se trouve mentionné d’une manière ou d’une autre. « Ah tiens, cela pourrait plaire à Woonie ? », « Je me demande ce que fait l’autre idiot. » Désormais, cet imbécile envahit chaque seconde de sa vie. C’est qu’il ne se laisse pas aisément oublier. Quand ils n’ont pas de cours en commun, il l’attend au sortir de sa salle de cours. Et cela ne vaut que lorsqu’il ne la convainc pas de faire l’école buissonnière. A cet effet, les arguments ne semblent jamais lui manquer. Les heures qu’ils ont séchées… on ne les compte plus. Voilà pourquoi le professeur a mis une telle véhémence dans ses propos.

« Sombre idiote. Pauvre crétine. »

Le pire dans tout cela, c’est que Na Eun ne parvient même pas à le regretter et à s’en repentir. Les mots durs qu’elle lance à l’image que lui renvoie le miroir n’effacent guère le sourire qui, depuis des jours, n’a cessé de tendre ses lèvres. Au fond de son cœur, pas un remords de couve. Il n’y a que de la joie qui y brûle. Car oui, jamais, la jeune fille n’a-t-elle été aussi heureuse. Aussi amoureuse.


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Dernière édition par Yoo Na Eun le Dim 18 Mar - 11:34, édité 1 fois
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Song Hyun Woo
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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Dim 27 Nov - 16:37

Chaque seconde qui passe, son sourire redouble d'intensité. Chaque seconde qui passe, son regard se perd dans une contemplation invisible. Peut-être que si il n'est pas réellement présent dans le cours d'anglais auquel il participe comme un fantôme rêveur, c'est parce qu'elle existe – parce qu'elle hante ses songes depuis bien des jours, des semaines, des heures. Même les secondes qui passent lui paraissent une éternité assourdissante. L'amour donne des ailes à Song Hyun Woo – mais peut-être qu'à trop rêver, il se verra retomber face contre terre à un moment donné. Peut-être qu'à fort d'être si dissiper, si en retard, si peu présent en cours, il se ressaisira – c'est ce que certains professeurs pensent. Mais le professeur d'anglais ici présent, n'en a rien à faire qu'il soit là ou pas. «  à ses risques et périls, si il veut perdre son grade d'idole super aimé des petites poupées coréennes. » Le professeur d'anglais est un con, ça, tout le monde le sait à présent. Il ne pense pas à ses élèves – il ne pense qu'à lui. Alors. Quand Hyun Woo a daigné montrer le bout de son nez, deux heures auparavant, il lui a juste jeté un regard noir, le laissant prendre place en silence. Mais Hyun Woo n'a rien à faire en cours – il ne peut décemment pas travailler – il ne peut décemment pas être attentive – le bonheur qui emplit tout son être, qui perdure un peu plus depuis une bonne semaine, ne l'aide pas vraiment à être un bon élève modèle. Il préférerait la retrouver – et faire à nouveau l'école buissonnière, pour une énième fois de la semaine.
Tu ne bouges pas. Tu ne veux pas bouger. Après tout, elle est là, elle sera là un bon nombre de fois, un nombre de temps. Ton sourire s'élargit doucement quand tes doigts glissent le long de sa hanche et l'attire un peu plus contre toi. Cette étreinte, tu ne veux décemment pas la briser. Cette journée, tu ne veux décemment pas qu'elle commence. Mais c'est trop tard – le réveil a sonné et le sommeil s'est enfoui loin derrière toi. Tes yeux s'entr'ouvrent doucement et tu l'aperçois. Un sourire béat. Celui de tout les jours. Si tu pouvais, tu arrêterais le temps. Si tu pouvais, tu l'a garderais près de toi encore longtemps~ mais déjà tu soupires et tes doigts se dénouent des siens à contre coeur. Mais déjà tes lèvres déposent un baiser sur le front de la jeune femme et ton corps se glisse hors du lit.
Le cours d'anglais s'achève en silence. Les ailes de Song Hyun Woo le mènent ainsi à sa bien aimée rapidement après la fin du cours. Il a appris par coeur l'emploi du temps de Na Eun – presque par coeur. Un sourire se dessine sur ses lèvres quand il entr'aperçoit la douce silhouette de la jeune femme dans la salle de danse. Jamais il n'eut vraiment eu la chance d'apercevoir Yoo Na Eun danser – après tout, elle n'était que sa musicienne, sa meilleure amie musicienne – celle qu'il aime plus que tout au monde au jour d'aujourd'hui. Un sourire plus intense se lit sur son visage pâle souligné par ses prunelles noirs d'encre, et Hyun Woo traverse le couloir jusqu'à arriver devant la porte de la salle de danse qu'il pousse doucement.
« Tu sais Hyun Woo, si un jour, tu aimes quelqu'un, n'attends pas après elle pour qu'elle te prouves son amour – quand j'ai découvert que j'aimais ton père, disons que... il me tournait déjà après, et je peux te dire que je l'aurais regretté si grâce à lui, je n'avais pas eu de si merveilleux fils que toi et Hyun Ki. Alors... Sans doute es-tu encore trop jeune pour comprendre cela mais, un jour, tu comprendras à quel point, l'amour que peut porter pour quelqu'un, peut être chérir non seulement par des mots, mais aussi par des gestes de tout les jours. Mais... tu comprendras un jour ce dont je veux parler. »
La grâce des gestes de Na Eun laissent le garçon dans une contemplation silencieuse au pied de la porte qui se referme doucement derrière lui – sans bruit. Elle paraît si fragile de près – cette poupée dansante qu'il observe avec avidité du coin où elle ne pouvait décemment pas l'apercevoir. Il aurait avancé un pas vers elle si il n'avait pas entendu ces simples mots qui firent froncer ses légers sourcils au dessus de ses prunelles sombres fixés sur sa douce silhouette l'appelant indéniablement, lui et ses bras, lui et son corps.

« Sombre idiote. Pauvre crétine. »

Une pointe de frustration s'installe sur le visage du garçon et d'un pas décidé, il s'approche d'elle en glissant ainsi ses doigts dans sa main retombé le long de son corps. Une pointe de frustration s'installe sur le visage du garçon, tandis que ses lèvres viennent se poser dans son cou pour un gouter sa peau fruité qu'il lui a tant manqué. C'est surement exagéré de sa part que de se jeter sur sa petite amie alors que tout les élèves passant dans le couloir peuvent les contempler avec dégout ou envie ; mais Hyun Woo n'en a que faire – être amoureux de Na Eun, c'est s'être accrocher à l'amour plus encore que n'importe quel autre chose semblable.

« Pourquoi donc es-tu une sombre idiote ? » »

Ses lèvres effleurent la peau de son cou et remontent jusqu'au lobe de son oreille puis glisse sur sa joue. La poitrine de Hyun Woo accolé au dos de la jeune femme se presse un peu plus contre elle – comme-ci le peu de temps où ils ont été séparés, soit si consternant et long – comme-ci cela fait des années qui ne se sont pas toucher. Il ferme les yeux doucement tandis qu'il hume l'odeur de sa chevelure en reposant son menton sur le haut de son crâne.

« C'est trèèèès frustrant de t'entendre dire ça, tu sais ? Parce que... Si vraiment tu étais une sombre idiote, ze crois que je te l'aurais dit. Yah. Me frappe pas ; sinon … sinon je t'embrasse plus. Et.. Oui, donc, pourquoi tant de remontrances contre toi même ? »

Les doigts de sa main libre glissent le long de sa hanche pour atteindre son cou et la tourner face à lui, en échappant un sourire léger, prunelles plongés dans les siennes.


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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Mer 7 Déc - 17:53

    Il fait nuit noire. Quelle heure est-il ? Minuit passé. Et pourtant, il veille encore. Ce n’est pas la première fois que tu l’entends sangloter alors qu’il pense que tu dors encore. A chaque fois, tu te prêtes au jeu et fais mine de ne rien remarquer. Ses pleurs ruineraient sans doute l’image d’homme fort qu’il veut toujours se donner, cette maturité qu’il affiche pour masquer le garçonnet qui souffre terriblement de l’absence de sa mère. Mais ce soir-là, ses larmes te fendent le cœur. Doucement, tu te glisses hors des bras et le rejoins sur le rebord du lit. Et sans mot dire, toujours avec une extrême délicatesse, tu le prends dans tes draps et le berces jusqu’à ce qu’il trouve le sommeil.


Hyun Woo la saisit par la taille, et Na Eun se détend presque instinctivement. Les tensions qui rendaient ses épaules si raides se relâchent, alors qu’en douceur, tout son corps se laisse aller contre le sien. Sans prononcer le moindre mot, elle profite de la légère chaleur qui émane de lui. Faible femme, petite nature. Quelques semaines auparavant, la demoiselle n’aurait jamais toléré une telle proximité ; le jeune Song y aurait sûrement perdu une main – cette main que là, précisément, il fait lentement remonter le long de sa hanche ; cette main qu’aujourd’hui, elle n’arrête pas. C’est assez navrant ; cette facilité avec laquelle ses barrières fortifiées par les années ont cédé, cette rapidité à laquelle elle s’est habituée à être aimée… Sans doute aurait-elle dû davantage résister et batailler. Elle n’est pas dupe ; elle sait que ce bonheur parfait ne peut pas durer. Mais depuis quelques jours, cette pensée parvient à peine à l’effleurer. La félicité de ces derniers jours l’accapare bien trop pour cela. Secouant la tête, la jeune fille se redresse légèrement et émet un long soupir.

« Bien sûr que je suis une sombre crétine. Car il faut être une sombre crétine pour ne pas arriver à esquisser ces foutus pas. Cela fait trois heures que j’y suis, et je me trompe toujours au même endroit. Guh. Je suis une violoniste, moi. Pas une danseuse. Surtout pas une danseuse. »

Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle s’est lentement retournée de sorte à lui faire face. Son regard noisette cherche le noir de ses yeux encres. Rompu à la tâche, il le trouve aisément et s’y perd sans peine. Au passage, les épais cernes qui bordaient ses yeux ne lui ont pas échappé. Cette semaine à ses côtés a atténué les affres du deuil, mais ne les a pas dissipés. N’ajoutant pas un mot, se mordillant la lèvre inférieure, Na Eun pose son front contre le sien. Les mots de réconfort ne lui viennent toujours qu’avec difficulté ; ils lui restent souvent bloqués là, au fond de la gorge. Alors elle cherche à remplir les blancs avec quelques phrases sans conséquence, avec des bribes d’une conversation quelconque.

« Je suis une sombre crétine parce que je n’ai pas répété. Je suis une sombre crétine parce que, maintenant que tu es là, je vais sûrement arrêter de répéter. Je suis une sombre crétine… »

Un nouveau soupir passe ses lèvres, et sa tête vient se loger au creux de son cou. Elle inspire doucement le parfum qui s’en dégage. Il lui a manqué ; à peine, quelques cours les ont séparés, et il lui a manqué. On atteint vraiment des sommets de pathétique, mon ange. Et le pire est que cela la dérange à peine ; pour la forme, elle fronce bien le nez, mais pas un instant, l’idée de se dégager de son étreinte ne lui vient. On le lui soufflerait qu’elle l’enlacerait même plus étroitement. Elle l’aime à ce point. Et davantage encore.

« Je suis une sombre crétine parce que je n’arrive pas à me concentrer. Parce que je pense toujours à toi. Parce que je voudrais toujours être avec toi. »

Cette dernière confession, dégoulinante de mièvrerie, lui arrache une moue exaspérée, alors qu’elle doit littéralement se forcer à reculer. Dès le premier pas en arrière, elle grimace et voudrait déjà se réfugier à nouveau contre lui. Se trouver réduite à un tel état de dépendance l’horrifie sans pour autant la mener à s’insurger. Sans lui, elle se sent si seule, si vide.

« D’ailleurs. C’est toi le sombre crétin. Tu ne devrais pas me faire vivre tout ça ; c’est inhumain. C’est mesquin, c’est vile. Yah. Rends-moi ma liberté. »

Dans la grande glace murale, leurs deux silhouettes encore à demi enlacées se dessinent. Leurs mains restent liées. Dans un énième effort, Na Eun se détache tout à fait de lui. A regret.

« Tu sais quoi ? On ressemble à ces couples d’idiots qui passent le temps à se regarder, qui ne peuvent jamais se quitter. Tu trouves pas ça effrayant ? »


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Song Hyun Woo
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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Mer 7 Déc - 19:35

Son sourire se dessine sur ses lèvres doucement. Il aime tant sa présence qu'il n'est pas capable de vivre cinq secondes de plus sans avoir ses doigts au contact des siens. Cela est parfois très frustrant – mais encore ? Il ne lui arrive sans doute jamais de vivre une telle aventure ; une telle sensation dans son corps qui pourrait le parcourir. A vrai dire, il est fou. Fou d'elle. Fou d'amour. Mais il ne peut décemment pas le dire, pas l'affirmer, Hyun Woo était timide quand il était petit. Vous ne vous souvenez pas la fois où il s'est arraché des bras de sa Omma pour retrouver ceux de sa petite « soeur », petite « meilleure amie », Yoo Na Eun sans aucun doute ? Il tremblait tellement qu'on aurait dit qu'il allait faire une crise cardiaque. Il avait peur parce que c'était la première fois qu'elle se rendait chez elle, dans sa chambre, avec ses jouets. C'était la première fois qu'il découvrait Yoo Na Eun, âgée d'une dizaine, ou douzaine d'années, vêtue d'une jolie robe. Il aurait presque baver si son Appah ne lui avait pas demander d'être poli et respectueux envers mademoiselle. Il s'en rappelle encore aujourd'hui – au moment où ses doigts s'entrelacent avec les siens et qu'elle recule. Elle a beau reculer, il ne daigne pas la lâcher, pas maintenant. Sa main droite glisse sur sa hanche et se place dans son dos, il l'a rapproche de son buste, ses lèvres frôlent les siennes mais il passe outre ce détail aujourd'hui.

« Je pourrais t'aider... Si tu le veux. »

Il émets un léger rire. Il n'est pas doué non plus en danse, mais il se débrouille certainement mieux que la jeune femme ici présent. Hyun Woo n'a jamais eu la chance d'avoir le talent de danse de son père quand lui et sa mère dansaient des valses dans le salon tard la nuit de noël avec les oncles et les tantes et toute la famille que Hyun Woo et Hyun Ki fuyaient avec effroi. Vous ne saviez pas que Hyun Woo a horreur de Noël ? A vrai dire, c'est surtout à cause des réunions de familles, ces repas interminables qui barbaient les deux jumeaux à un point de s'éclipser en douce pour déballer les cadeaux dans le garage de la maison, il ne les compte plus. Un soupir s'échappe de ses lèvres et puis il émet un mouvement en avant, l'incitant à reculer avec lui. Sa main glisse le long de son dos et se place sur sa hanche alors que son autre main se saisit mieux de la sienne, paume contre paume. Son front, toujours accolé au sien, se détache à contre-coeur.

« A vrai dire, je suis un piètre danseur aussi. Omma a toujours eu coutume de m'inviter avec mes petites cousines aux repas de Noël. C'est pour cela que je les déteste ces repas. Et ces réunions d'ailleurs. Enfin bref, même si le couple d'idiots que nous sommes est effrayant, comme tu le sous entend, je pense qu'une démonstration serait de rigueur pour les regards curieux qui passent derrière les vitres depuis tout à l'heure. C'est vrai que... se jeter sur sa petite amie dans une salle de danse, c'est peu commun et... très... violent pour eux. »

Il sourit. Il aime la taquiner quand il le faut, mais il ne lui laisse pas le temps de parler. Sa main s'actionne et la fait tournoyer sur elle-même alors qu'elle le regarde d'un air surpris – bien entendu. Il n'est pas doué, mais en sa présence, toutes ses fonctions se multiplient et le rendent plus... parfait qu'il en a l'air. Il est le petit ami que tout le monde désire dans l'école à vrai dire. Les jeunes filles qui passent à côté d'eux les regardent avec effroi et colère, elles envient tant Na Eun qu'elles ne se rendent pas compte des mots mesquins qu'elles emploient après avoir quitter le champ de vision très réduit de Hyun Woo dans le miroir qui reflètent leurs deux silhouettes en situation de danse. Il croise son regard – ses prunelles chocolat et il attend, un geste, un rire, un sourire de sa part pour démarrer la « leçon particulière » qu'il tente de mettre en oeuvre. Mais, comme-ci ils pouvaient réellement danser ? Comme-ci ils pouvaient réellement se retrouver et ne pas s'accoler l'un à l'autre comme des sangsues ? Cela est vrai ; en quelques jours ; Hyun Woo et Na Eun se sont transformés en de vrais sangsues qui ne peuvent plus se passer l'une de l'autre.

« Mademoiselle Yoo Na Eun, voulez-vous bien m'accorder cette danse ? Celle que nous n'avons pas terminés il y a... quelques années de cela ? »

Tu t'en rappelles comme-ci c'était hier. Votre danse. Votre slow. Mais tu es un piètre danseur. Omma a tant essayé de t'appendre pour faire sourire la douce Na Eun que tu traines comme meilleure amie. Omma ne comprends pas pourquoi tu ne lui demandes pas de sortir avec toi ; peut-être parce qu'elle n'est que ta meilleure amie. Ta main sur sa hanche qui glisse dans son dos. Ton autre main dans la sienne et un sourire gêné. Votre première danse. Elle installe ses bras autour de ton cou, et tes bras entourent sa taille. Un sourire gêné, encore. Et puis elle sourit franchement et tu déposes un baiser sur sa joue – peut-être même sur le coin de ses lèvres. Mais il s'agit de votre premier slow, et ton cousin Min Won a osé vous le gâcher en vous jetant des morceaux de gâteaux d'anniversaire sur vos beaux habits, votre belle danse.


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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Mar 27 Déc - 17:15

    Ta mère ne veut plus que tu le voies. Ce garçon qui passe tous les mercredis, le fils du dentiste, Song Hyun Woo – Woonie, ton meilleur ami. Elle dit qu’il te distrait trop de tes études ; ton temps est trop précieux pour que tu le perdes en jeux et en plaisanteries. Chaque minute passée loin de ton bureau équivaut à un point perdu à ton prochain examen. Il te faut revoir tes priorités, et ce garçon n’en fera point partie. Désormais, deux nouvelles heures d’algèbre occuperont tes mercredi après-midi ; hors de question que tu ailles le rejoindre au parc comme vous en avez pris l’habitude. Du moins, ce sont là les ordres de ta génitrice. Tu ne les suis bien entendu pas ; Pas une équation au monde ne vaut son sourire.


On s’est arrêté pour les observer. Afin de mieux les épier, deux mômes de première année ont même le visage plaqué contre la vitre de la salle de danse. Na Eun lève les yeux au ciel. L’exaspération se lit sur chacun des traits de son visage, et c’est à peine si son regard railleur ne les fusille pas déjà tous et toutes. La jeune femme n’en fait pourtant rien. Au fond, elle sait pertinemment ce qui éveille leur curiosité. A ses yeux, il y a toujours eu Woonie – son crétin de meilleur ami, ce garçon un peu immature, mais affreusement attachant, celui qu’elle connaît par coeur. Les années passant le lui ont donné à voir sous toutes les coutures, et même sous les moins glorieuses. Devant elle, il a pleuré après une mauvaise chute à vélo. Il a boudé parce que son Omma l’obligeait à arborer des chemises démesurées qu’un grand cousin lui avait léguées. Il s’est montré capricieux quand, à cause d’une mauvaise note, ses parents lui interdisaient d’aller au cinéma. Son masque d’infaillible séducteur s’est brisé pour dévoiler la plus sombre des vérités. Et malgré tout… elle l’a aimé, l’aime et l’aimera

« Tu crois qu’elle l’a drogué pour le convaincre d’être son petit ami ? »
« Un type aussi parfait avec une fille aussi banale. C’est vraiment du gâchis. »
« Je le plains. Elle doit le menacer avec quelque chose de vraiment effrayant pour le garder avec elle. »

Mais les autres ne savent pas tout cela. Ils ne voient que Song Hyun Woo, tombeur de ses dames et leader des Shooting Stars. A leurs yeux, il est le prince charmant, celui que toutes s’arrachent. A ses yeux, aussi. Même si elle a longtemps prétendu l’être, Na Eun n’est pas aveugle. Son sourire enjôleur, ses manières irréprochables, son charme sans fin… rien de cela ne lui échappe. C’est pourquoi ces langues de vipères, elle ne les contredit pas. La rumeur ne se trompe point – il est effectivement le parfait petit ami. Celui qu’elle ne mérite pas.

« Tu sais que tu n’as jamais rien réussi à m’apprendre correctement ? En primaire, t’as voulu m’initier aux grands secrets du monde des jeux vidéos. T’y es jamais parvenu. Des années après, je sais juste que Mario, c’est un moustachu qui porte une casquette rouge et sautille dans tous les sens. Il y a aussi la fois où on a essayé de cuisiner ensemble. Après l’explosion, il a fallu vous racheter un nouveau four et réparer le lavabo (dommage collatéral). »

Pour chasser ces quelques pensées, Na Eun se saisit malgré tout de la télécommande. D’un geste bref du poignet, elle fait repartir la chaîne hi-fi. La mélodie reprend donc, et les notes s’égrainent selon un rythme connu. Précautionneusement, presque timidement, ses mains se saisissent de celles de Hyun Woo et les déposent sur sa taille à elle, comme le prévoit la chorégraphie. S’appliquant à fuir son regard, la jeune femme esquisse les premiers pas. Sa concentration n’est pas des meilleures, mais dans un premier temps, elle ne se débrouille pas trop mal. Ignorer le souffle de Woonie qui court sur la peau de sa nuque lui demande trop de concentration pour que trop de réflexions alourdissent ses gestes. Ceux-ci se succèdent donc avec fluidité. Mais Na Eun perçoit avec une acuité toujours plus grande ces bras qui enserrent sa taille, ce torse vers lequel une pirouette la ramène, ce bassin contre lequel elle ondule. Là voilà, peu à peu distraite. Un faux mouvement, et elle trébuche, entraînant son petit ami dans sa chute.

« Reconnais-le, mon ange. Toutes tes expériences pédagogiques se résument à une suite ininterrompue d’échecs. Et ceci n’en est que l’ultime preuve. »

Derrière la vitre, leurs spectateurs répriment tant bien que mal des expressions amusées et quelques rires. Les deux gamines n’y tiennent cependant pas et s’esclaffent ouvertement. L’irritation de Na Eun monte d’un cran, alors que la jeune femme se redresse comme elle le peut, prenant appui sur ses poignets. La loi de la gravité a fait que son corps s’est écrasé contre celui de Hyun Woo. Elle se trouve désormais à califourchon au-dessus de lui et s’apprête à lui adresser un regard désolé, mais les moqueries des autres idiotes la coupent dans son élan. La colère allume dans son regard une dangereuse lueur de défi. Quant à la moue provocatrice qui s’étire lentement sur son visage, elle n’annonce rien de bon non plus. Ses prunelles noisette se plongent dans les iris sombres de Hyun Woo. Celui-ci devine déjà sans doute ce qui suit ; peut-être compte-t-il protester. Elle ne lui en laisse pas le temps – ses lèvres se scellent aux siennes avant qu’il n’ait pu prononcer le moindre mot. De ses deux paumes, Na Eun maintient fermement ses épaules contre le sol. Mais ses doigts se faufilent avec agilité dans la nuque de Woonie ; ces nuits passées à ses côtés lui ont appris combien de frissons ce simple contact parvient à lui soutirer. Un sourire satisfait ourle bientôt ses traits, mais elle ne recule pas, et sa bouche reste là à frôler la sienne, à la taquiner.

« Mais il faut que tu avoues que certaines de tes leçons ont porté leurs fruits, nee. »


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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Jeu 29 Déc - 11:26

Tu ris de bon coeur avec d'autres filles. Tu parles avec d'autres filles. Tu te rappelles seulement qu'elle existe, dans ton coeur, comme ces filles qui n'ont finalement rien de bien intéressant à t'offrir, par rapport à elle. Une moue s'installe sur ton visage, et elles le repèrent rapidement. Tu entends des Oppa à tout va, mais tes jambes te guident déjà vers la sortie de la cafétéria pour te diriger vers là où elle est.
« mes... leçons.. ne? »

Toutes ses nuits passés avec Na Eun portent sans doute ses fruits. Hyun Woo semble plus que obnubilé par elle que par autre chose dans cette pièce, et la « danse » qu'ils sont censés entreprendre n'a pas réellement lieu. Il est vrai, qu'à chaque fois que Hyun Woo tente de lui apprendre ne serait-ce que quelque chose de très simple, elle tombe, elle s'effondre dans autre chose, lui avec, bien sur, et tout les deux, ils en oublient ce qu'ils sont censés faire. Hyun Woo est censé lui apprendre à « danser », du moins, il en a proposé l'idée, mais évidemment, ils sont allongés sur le sol, l'un sur l'autre, s'embrassant, se taquinant. Soupirant, sa tête reposé sur le sol, il la contemple. Il est vrai que depuis que vous vous connaissez, il ne s'est jamais rendu compte de ce qu'il aime chez elle. Pourtant, il semble tout aimer de la jeune femme plus que autre chose. Un sourire léger se dessine sur ses lèvres et ses mains se glissent dans son dos et se posent sur ses hanches en la repoussant doucement.

« Tu ne crois pas qu'on devrait plutôt « danser » ? Je persiste à croire que je peux faire quelque chose de toi. »

Dans un geste, il l'a glisse sur le côté et se redresse, face à elle. Dans la lumière reflété de l'extérieur de la salle, elle paraît beaucoup plus jolie, beaucoup plus souriante et « heureuse » qu'elle en a eu l'air pendant ses derniers jours. Là encore, il se rend compte à quel point il est néfaste pour elle, à quel point il distrait la douce enfant dans ses études. Bien sur, il en est de même pour lui, mais, n'est-il pas en proie à la célébrité en étant dans le groupe des Shooting Stars aujourd'hui ? Un léger rire traverse ses lèvres et il se penche pour déposer un léger baiser sur la joue de sa partenaire. Se relevant doucement, il plaque ses paumes contre celles de Na Eun et la redresse rapidement face à lui. Il n'est pas vraiment très doué en danse non plus ; mais sans doute sait-il au moins aligner trois pas sans tomber sur le sol.

« Et donc... ma sombre crétine voudrait bien tenter de me montrer ce qu'elle était censé répéter ? »

Il l'a fait tournoyé doucement sur elle-même et elle se retrouve plaqué contre lui directement. Le parfum de Na Eun réussit toujours à enivrer complètement Hyun Woo ; même aujourd'hui, plus encore aujourd'hui. Si il n'a pas conscience de cette attraction qu'elle a sur lui, aujourd'hui il a la nette impression qu'elle existe réellement ; cette alchimie ; cette douce tentation qui les poursuit l'un et l'autre et les pousse à commettre des péchés plus importants les uns des autres ; se multipliant chaque minute qu'ils passent ensemble. Mais Hyun Woo se fiche de tout les péchés qu'il peut commettre ; être avec Na Eun est surement la meilleure chose qu'il ne lui fut arrivé depuis des années. Même cet accident, qui l'a rendu à l'état d'une loque, n'a plus d'importance à coté de cela. Même le décès de sa mère, n'a plus autant d'importance que Na Eun et lui.

« Hyun Woo Sunbae ? On devait pas répéter ? Le... chant. »

Troublé par une voix, il se retourne vivement vers la porte de la salle de danse. Une petite et frêle chose, une gamine, de première année, souriante, s'y trouve. Il fronce les sourcils. Il est vrai qu'il devait répéter une quelconque chanson avec une élève de deuxième année, mais surement pas avec cette petite là.

« Non. C'est avec Jun Ho. Pas avec moi. Je répète avec Soo Yun, je te rappelle. »
« Ah ? Pourtant, les deux filles là bas, elles m'ont dit que.. »

C'est surement ça. La jalousie d'une provoque celle de centaines d'autres. Hyun Woo sait qu'à présent, il ne peut décemment pas laisser Na Eun, « seule ». Hyun Woo sait qu'à présent, sortir avec elle, et se montrer au grand jour aux élèves de l'école, c'est leur mise à mort directement. Toutes les filles des différentes sections et années, elles l'admirent comme étant Hyun Woo, le leader des Shooting Stars, le meilleur élève en chant. Mais Na Eun, elle, elle ne l'aime pas seulement pour cela, ce fut là la grande différence entre elle et toutes ses filles avec qui Hyun Woo partageait des choses autresfois.

« Tu peux y aller... Min Hee. »

Sans un mot elle sort de la salle et Hyun Woo glisse ses doigts sur la joue de sa bien aimé, silencieux.

« On disait ? Awui. Mes leçons ont portés leur fruit ? »

Sa tête se penche doucement vers celle de Hyun Woo, s'incline – et ses lèvres se plaquent contre les siennes avec passion et ferveur. Toutes ses nuits passées avec elle lui reviennent à l'esprit et il glisse ses mains sur ses hanches, la rapprochant de lui, passent sous son t-shirt, frôlent sa peau, attisent leur plaisir. Amoureux, ils le sont.


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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Sam 21 Jan - 20:57

    Ce n’est pas la première fois qu’on te convoque chez le directeur. L’autre jour, c garçon a essayé de glisser sa main sous ta jupe ; tu t’es vengée et a failli lui faire y perdre trois doigts. Les autorités scolaires ont jugé qu’un rappel à l’ordre s’imposé. Mais il s’agissait de légitime défense ; aussi, peu t’importait. Cette fois… la faute se trouve entièrement de ton côté. Tu es la première à avoir attaqué, la première à avoir frappé. Cette fille n’a eu besoin de quelques mots pour te faire perdre tout sang-froid. Le proviseur te demande de répéter ces paroles qui t’ont offensées. Tu prétends avoir oubliés… au fond de ta mémoire, elles résonnent encore. Hyun Woo oppa… Il veut pas de toi.


Na Eun se dérobe en silence à son étreinte. Sans un mot, elle se dirige à petits pas vers la chaîne hi-fi et en retire le disque qui tourne depuis des heures déjà. A l’entrée de l’autre petite gourde, ses sourcils se sont froncés sous le coup de la jalousie. Les traits de son visage ne se sont pas détendus depuis. Comme réaction mature et raisonnable, on a déjà vu mieux. Bouder pour chaque donzelle qui vient faire les yeux doux à son petit-ami n’ pas grand intérêt. Cela ne le arrêtera point. Tant qu’il aura cette stature-là, tant qu’il aura ce charisme-là, ses admiratrices afflueront. Elles ne se soucieront point de sa présence à ses côtés. Elles ne s’en sont jamais souciées. La jeune femme se remémore de toutes ces fois où on l’a ignorée alors que l’on cherchait à attirer l’attention de Woonie, de son Woonie. Ce seul souvenir lui tire un soupir, alors qu’elle rassemble lentement ses affaires.

« Elles trouveront autre chose, tu sais. Même un QI d’huître n’empêche d’avoir de l’imagination à revendre. Il y en aura une pour feindre une cheville foulée devant toi et essayer de t’attendrir. Une autre donnera dans l’audace et se jettera sur toi quand tu ne t’y attendras. Elles voudront toujours t’avoir, ne serait-ce que pour obtenir un mot ou un regard. »

Passant son sac sur l’épaule, elle se redresse et aperçoit brièvement leurs deux silhouettes dans la glace. Sa forme dégingandée s’y dessine, vacillante. Ses boucles ondulent en désordre jusqu’au bas de ses côtes, et le pull trop grand qu’elle arbore tombe un peu au-dessus de ses genoux. Ce vêtement ne lui appartient pas. Elle l’a pris ce matin dans le tiroir de Hyun Woo, et la laine a gardé son parfum. Ce seul détail l’apaise ; c’est un peu comme si elle était restée entre ses bras toute la journée. Même loin de lui, elle lui appartient encore. Et même si cela lui coûte de l’avouer, elle aimerait bien que la réciproque soit vraie.

« Elles ne me voient même pas comme un obstacle. Je suis juste Na Eun la fille qui a toujours été là. Un peu comme une partie du décor – un détail un peu gênant, mais sur lequel on passe facilement outre. Si, encore, j’étais une de ces filles que tous envient, une de celles à qui il suffit de marcher dans un couloir pour que tout le monde se retourne. Mais honnêtement… c’est loin d’être le cas. On me voit à peine. »

Na Eun garde le dos tourné à lui. Elle sait que toute cette amertume qui larde ses dires la rend plus pathétique encore. Le rôle de la petite amie possessive et pleine d’insécurité n’a rien de flatteur, mais elle ne peut s’empêcher de l’adopter. Toutes les répliques et les attitudes lui viennent avec une déroutante facilité. Ses épaules s’affaissent, sa voix perd quelques octaves. Son regard fuit, alors qu’une ombre y passe et assombrit ces iris déjà noirs. On peut même noter la manière dont ses doigts se crispent sur la lanière de son sac. La jeune femme tente bien de se retenir et d’écouter sa froide raison. Mais la jalousie lui brûle le fond de la gorge et rend son ton plus sec. La douceur de Hyun Woo n’y change rien.

« Je ne te mérite pas. Je profite de toi. C’est ce qu’elles disent, tu sais ? C’est pour ça qu’elles font même pas attention à moi. Nous séparer… elles voient presque cela comme une bonne action. Il s’agit de libérer le beau et grand Song Hyun Woo de cette sorcière, collé comme un chewing-gum dont il ne peut se débarrasser. »

Elle semble soudain bien moins sûre d’elle, bien plus fragile et frêle. Ses yeux évitent soigneusement de croiser son regard, et quand le silence revient, sa tête demeure piteusement baissée. Il n’y a plus qu’un léger murmure qui lui vient aux lèvres.

« Tu sais. Si t’en as pas envie, t’es pas obligée de rester avec moi. Fais pas ça par pitié ou par simple reconnaissance, Woonie. »



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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Dim 22 Jan - 15:23

« Tu racontes n’importe quoi, Na Eun, vraiment n’importe quoi. »

Ses doigts attrapent vivement son poignet alors qu’elle s’échappe de son étreinte. Son regard a perdu le sien et Hyun Woo est réduit à l’état d’une loque alors qu’elle s’adresse à lui d’un ton anormal, différent des minutes auparavant. Il fronce les sourcils, mais déjà son regard se baisse sur ses doigts qui entourent son poignet, il ne lâche pas sa prise, il l’a renforcé. Ses doigts se font plus insistants et se resserrent sur leur prise avant de la tirer contre lui d’un geste rapide et relever son menton vers son visage. Sa hauteur ne lui permet que de l’admirer de haut, de l’observer se débattre brusquement de son étreinte sans y parvenir. Les bras de Hyun Woo se resserrent sur les épaules de Na Eun et il bloque son menton de son index et son pouce, scrutant son regard, cherchant à discerner le problème, le changement qui s’est intégré dans son cerveau, la poussant à blesser ainsi Hyun Woo, lui-même. Jamais encore Hyun Woo n’eut pu observer de si près les prunelles de la jeune femme, peut-être même lorsqu’il l’observe dormir tôt le matin, et qu’il n’a pas pu fermer l’œil, enclin à réfléchir sur beaucoup trop de choses, pourtant apaiser par la simple vue de la jeune femme dans ses bras, dans ses draps.

« Je ne t’ai jamais vu si égoïste Na Eun. Jamais. Tu sais à quel point tu me blesses en disant de cette idiotie ? Oh ça oui, tu es une idiote, une crétine, c’est pire quand tu agis de cette façon avec moi, c’est pire quand tu changes de comportement, que tu décides d’une seconde sur l’autre que je ne te mérite pas, que je joue avec toi, que tu n’es juste qu’une fille comme les autres à mes yeux. Certainement pas. Alors arrête de dire ça. »

Les joues de Hyun Woo sont rouges de frustration, de colère. Ses doigts s’ancrent sur la peau de ses épaules qu’il dit depuis cinq minutes sans relâcher sa prise. Qu’il lui fasse mal ou pas, il s’en fiche éperdument. Il veut juste qu’elle comprenne à quel point ses mots blessants l’atteignent au plus profond de lui. Ses lèvres se pressent l’une contre l’autre et il dépose déjà celles-ci sur les lèvres de Na Eun, violemment, sauvagement, la plaquant directement contre le miroir derrière elle. Sa silhouette accolée à celle de Na Eun se meuve lentement. Ses doigts agrippent ses cuisses, et ses lèvres s’attèlent à redécouvrir la peau de son cou et la naissance de sa poitrine. Il l’attire contre elle et entoure son bassin de ses jambes sans qu’elle ne riposte, sans qu’elle n’en décide autrement. Il s’attarde à redessiner l’arrête de sa mâchoire lentement, ses dents s’enfonçant dans la peau de son cou, ses lèvres effleurent sa jugulaire et la peau laiteuse de sa poitrine collée contre son torse.

« Es-ce que seulement je fais semblant ? Es-ce que seulement je joue en pitié et reconnaissance quand je fais ça ? »

Il est en colère contre toutes ses filles qui rendent vulnérable celle qu’il aime. Il est en colère contre les changements de comportement de la demoiselle. Il ne supporte plus qu’elle se rabaisse ainsi à ses côtés. Certes est-il tant apprécié par la gente féminine, mais ne lui a-t-il pas déjà promis d’être là, à ses côtés quoi qu’il puisse arriver ? n’a-t-il pas déjà affirmé qu’il n’y a qu’elle dans son cœur et que son âme lui appartient comme son cœur et son corps ? Ses lèvres se meuvent avec violence sur chaque parcelle de la peau de Na Eun, brûlantes d’intensité au fils des secondes qui passent et des baisers qui se succèdent. Hyun Woo se fiche bien que des élèves les voient. Hyun Woo se fiche bien que des professeurs les interpellent. Au fond de lui, il n’y a rien de plus important que Na Eun, depuis le début, depuis toujours, et il ne compte décemment pas la laisser partir aussi rapidement, alors qu’il la détient que depuis si peu de temps. Haletant, essoufflé, il reprend son souffle, l’admirant, sondant son regard avant de reprendre son ascension vers l’interdit, en enfouissant son visage dans son décolleté, s’agrippant un peu plus contre elle, ses ongles s’enfonçant dans la peau de ses cuisses. Jamais Hyun Woo ne s’est montré aussi entreprenant et vivace dans ses gestes. Jamais encore Hyun Woo ne s’est montré si violent, si sauvage quand il embrasse et découvre la peau nue et attirante, délicieuse, de Na Eun. La peur de la perdre lui fait perdre la raison, peut-être bien. La peur de la voir s’enfuir, s’en aller, et le laisser ainsi. Ainsi que la haine de la voir se réduire à l’état d’une simple poupée désarticulé qui n’agirait simplement qu’aux ordres qu’on lui donne qu’à ce qu’elle entend au loin.

« Il y a définitivement une erreur dans ton affirmation Yoo Na Eun. Il n’y a que toi qui me rende aussi… désireux. Il n’y a que toi et il n’y aura que toi, à jamais. »

Les battements de son cœur battent à l’unisson avec ceux de Na Eun et la tête de Hyun Woo retombe sur l’épaule de la jeune femme, toujours accroché en vain à elle, toujours déterminé à l’avoir contre lui.

« Arrête de me blesser, Eunnie. C’est pire quand tu fais ça. Je… Je n’aime que toi, idiote. »


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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Mar 21 Fév - 23:02

    ‘C’est qui ce type qui vient te chercher tous les jours, à la sortie des cours ?’ Le nez dans tes exercices de chimie, tu ne t’aperçois pas immédiatement que la question t’est adressée. Tes pensées sont toutes accaparées par l’équation qu’il te reste à rééquilibrer. Mais apparemment, ton meilleur ami se fiche éperdument que tu n’aies pas le même nombre d’atomes des deux côtés. Il veut sa réponse et, agrippant ton poignet, te tire sans ménagement de tes hautes préoccupations. Tu relèves la tête, et ton épaisse paire de lunettes te glisse sur le bout du nez. Un bruit de klaxon t’interrompt avant même que tu aies pu ouvrir la bouche. Il est là. Woonie veut te rattraper, mais le regard désolé et résigné que tu lui adresses alors que tes pas t’emportent déjà de l’autre côté de la rue le coupe net dans son élan. Tu lui échappes comme lui a coutume de toujours t’échapper.


Une fois n’est pas coutume, Na Eun ne se débat pas. C’est à peine si une grimace infléchit ses traits de son visage lorsque son dos heurte la glace derrière elle. Etonnament docile, son corps plie et ploie au grès des caprices et caresses du jeune homme. Sa taille se cambre, ses jambes s’arquent. La demoiselle se découvre une souplesse qu’elle ne se connaissait jusqu’alors pas, alors que sa silhouette épouse parfaitement la sienne. Malgré le désordre des gestes qu’il esquisse, elle sait anticiper et suivre la cadence forcenée qu’il veut lui imposer. Leurs lèvres se meuvent à l’unisson, et il suffit à Hyun Woo d’effleurer la peau de son coup pour que déjà, elle rejette la tête en arrière pour accueillir plus amplement tous ses baisers passionnés. Quand l’assaut se poursuit au niveau de son décolleté, c’est la laine de son pull sur laquelle on tire et qui se tord. Leurs deux formes enlacées se fondent bientôt en amas de lignes et de courbes qui sans cesse oscillent et changent de tracé. Leur étreinte se fait si étroite qu’en cet instant, rien ne pourrait la briser.

« Tu n’as rien à me prouver, tu sais ? Je ne te demande pas un ‘pour toujours’ de conte de fée ; un simple ‘maintenant’ me suffit amplement. Bien sûr, si cela pouvait durer, j’en serai ravie. Mais aujourd’hui, les promesses d’amour éternel, qui les tient encore ? J’ai déjà eu toutes ces années à tes côtés. Tout passe, et tout le monde se lasse. »

Hyun Woo lui a laissé si peu de souffle qu’elle ne peut que chuchoter. Sa poitrine se soulève et se contracte avec difficulté. Aussi ces quelques mots lui viennent avec un débit irrégulier, toujours entrecoupé par sa respiration qui ne parvient pas à s’apaiser. Mais le besoin de donner davantage de voix ne s’impose pas. Comme le jeune homme a laissé retomber sa tête sur son épaule, ses lèvres effleurent presque le lobe de son oreille. Pour les mêmes raisons, il lui suffit de seulement lever la main, et ses doigts courent déjà entre ses cheveux de jais. Ces quelques gestes tendres tranchent vivement avec la ferveur des quelques seconde qui se sont écoulées.

« … Mais moi, je ne pourrai pas. Moi, j’en n’aurai jamais assez. Aussi, je risque de ne jamais te quitter. Se traîner un boulet comme moi, c’est assez pesant. Donc un jour, tu trouveras ça peut-être trop lourd à porter. Mais… est-ce qu’à ce moment-là, tu pourras me le dire directement ? Sans mot doux, ni jolies phrases creuses pour envelopper le tout. Si t’es trop gentil, je pourrai même te détester. Comme une idiote, je... je continuerai de t’aimer. »

Elle sait que c’est précisément ce qui, un peu plus tôt, l’a énervé. Elle sent presque que déjà, il s’irrite à nouveau. Et pourtant, les mots franchissent irrésistiblement ses lèvres sans qu’elle puisse les en empêcher. Ce sont les lames avec lesquelles les années l’ont armée pour parer au moindre coup. Même entre ses bras à lui qui la protègent, elle éprouve encore le besoin de se défendre – contre le monde, contre lui, contre les autres.

« Je t’aime déjà trop. J’aime déjà la façon dont tes cheveux sont ébouriffés quand tu te réveilles. J’aime le sourire victorieux que tu affiches quand au fond, t’es quand même terriblement gêné. J’aime même la manière dont se fronce ton nez quand tu manges les carottes que Maman Song vient de te servir, alors que tu détestes ça. »

Elle ponctue chacune de ses phrases d’un baiser, les égrainant comme autant de douceurs censées déguiser l’amertume de ses dires.

« Je pourrais t’aimer même si tu t’en allais, même si tu mentais. »


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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Mar 21 Fév - 23:19

Tu refuses une fois, deux fois. Mais le regard transperçant de la jeune fille devant toi se fait empressant quand tu croises ses prunelles noires dans la pénombre du placard dans lequel vous êtes enfermés. Tu entends des murmures à l’extérieur de la petite pièce étroite dans laquelle on vous a poussé. Parfois, tu te demandes comment tu peux être ami avec de pareils cinglés. Ils t’on refilés le papier de Tae Ho sur lequel est marqué son nom : Yoo Na Eun. Il y a deux minutes tu déglutissais difficilement, croyant à une plaisanterie, mais il n’en était rien. Elle s’est retrouvé coller contre toi dans le placard alors que la porte se retrouve fermer à clef et que tu entends la voix de Omma Song vous appeler pour le gouter. Tu fronces les sourcils et très vite, tes mains se retrouvent sur ses hanches. Tu balbuties et très vite ses lèvres se retrouvent plaquer sur les tiennes dans un murmure chuchoté à ton oreille. Tes doigts dégrafent un bout de tissu. Tes jambes effleurent la peau de ses douces jambes et vous vous mouvez l’un contre l’autre lentement. « Eunnie… »

Elle a beau succéder les baisers sur sa peau, il fronce toujours les sourcils. Sa silhouette se presse contre celle de Na Eun, son bassin collé au sien, demande réclamation. Ses doigts se font pressants quand ils glissent le long de sa taille, remontant le haut de son pull en cachemire, tirant sur les bords pour que ses lèvres dégustent un peu mieux la naissance de sa poitrine. Il se délecte de sa peau laiteuse et ajuste la hauteur de Na Eun contre lui, glissant ses mains le long de ses cuisses pour l’accoler un peu plus contre elle. Sa langue glisse le long de sa clavicule. Les jambes de Na Eun entourent le bassin de Hyun Woo et d’un geste brusque, ils se retrouvent sur le parquet lisse de la salle de danse. Il y a encore trois semaines, voire un mois, ils étaient dans le bureau de Papa Yoo à se peloter, une bouteille de liqueur dans la main. Hyun Woo se rappelle distinctement de chaque mot, chaque phrase qu’elle employait à son égard, à ce moment-là, comme lors de la chaude nuit dernière qu’ils ont partagés. Meurtri par les mœurs de Na Eun, il se mord la lèvre, et mord ensuite la peau rose et brûlante du cou de Na Eun. Il en veut beaucoup plus que d’habitude, et il se fait beaucoup plus insistant pour daigner avoir ce qu’il désire.

« Tu sais quoi, Na Eun ? Ferme là juste. »

Il déteste quand elle est comme cela. Il déteste quand elle ne le prend pas au sérieux et qu’elle ne pense qu’à elle, qu’à son propre cœur et son propre bien être. Il la déteste pour son égoïsme et sa façon à irriter considérablement les gens. Mais il passe outre ce qu’il déteste, il la dévore, ses dents s’enfonçant dans la chair de sa clavicule, ses lèvres attisant sa peau, ses dents mordillant les endroits sensibles où elle frissonne de plus belle. Il semble presque satisfait de lui quand elle réprime un long frisson contre lui. Bloqué sur le sol, elle entoure son cou de ses bras, et il glisse ses doigts le long de sa cuisse et son entrejambe, provoquant de longs spasmes dans le corps de Na Eun. Il échappe un rire. Narquois. Difficile à cerner si il s’agit bel et bien de Song Hyun Woo qui agit là, ou un parasite qui aurait pris possession de son corps. A vrai dire, la dernière fois qu’il eut agi de la sorte, c’était bien avant son accident de voiture, et cela, Na Eun le savait sans doute pas. Quand ils étaient gamins, à l’école, il avait déjà pris un malin plaisir à taquiner la dentelle des sous-vêtements de Na Eun sous le bureau qui leur servait à eux deux. Ce matin-là, il arborait une vivacité tel qu’on aurait cru qu’un autre Song Hyun Woo naissait de ses cendres, mais il n’en était rien.

« Moi aussi je t’aime trop. Moi aussi j’aime la façon dont tu souris. Moi aussi j’aime quand tu fronce les sourcils parce que tu ne sais pas si c’est la vérité qui sort de la bouche de ton interlocuteur. J’aime quand tu te dénigres. J’aime quand tu t’empresses de venir dans mes bras le soir pour oublier ta journée lassante. J’aime quand… »

Il aime quand elle joue la jalousie. Il aime tout de Na Eun et pourtant déteste tant de choses. Hyun Woo la connait trop bien. Hyun Woo a peur de trop la connaitre d’ailleurs, c’est pour cette raison qu’il tente par tous les moyens de la faire taire, de lui montrer que jamais il ne la laissera. Depuis si longtemps qu’il l’aime, pourquoi serait-ce le cas ?

« Egoiste. Crétine. Imbécile. »

Il murmure ses trois mots entre quelques baisers déposés sur sa peau. Plus doux, il remonte encore le pull de Na Eun pour embrasser le ventre de la jeune femme et descendre jusqu’à son bas ventre. Il taquine le bouton de son jean de ses doigts fins et relève son regard vers la vitrine transparente où tous les élèves pouvaient les voir déballer leur vie sexuelle en images. Il déglutit difficilement. Lui qui était timide plus jeune, il n’a aucune impudeur à l’enlever son t-shirt et passer les mains de la jeune femme le long de son torse avant de redoubler ses baisers et déboutonner son jean avec empressement.

« Tu sais… Si je ne t’aimais pas, je n’essayerais pas de te faire l’amour sur le parquet d’une salle de danse où tout le monde peut nous voir. Certes, ce n’est pas THE preuve d’amour, mais à mes yeux c’est assez pour que tu te rendes compte de ce que je suis en train de faire. Sérieusement, tu veux qu’aille plus loin ou enfin tu arrêtes de dire des bêtises plus grosses que toi et tu me fais enfin confiance ? Sinon… »

Un baiser fiévreux sur ses lèvres et les doigts de Hyun Woo descendent le long de sa taille, sa hanche, jusqu’à la chute de ses reins et viennent glisser sous le tissu en dentelle qu’elle arbore sous son jean. Ses doigts tracent quelques cercles irréguliers. Trois gémissements successifs le sortent de sa torpeur et son regard pétillant fond dans celui de Na Eun.

« Et donc… ? Je continue ici, ou on retrouve le placard de nos 16ans, Yoo Na Eun ? »





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MessageSujet: Re: [end] (four years before) You belong with me - Woonie -   Dim 18 Mar - 11:24

    Ce jour-là aussi, il s’énerve contre toi. A peine es-tu entrée dans la salle de classes que ses cris retentissent. Il clame que tu n’es qu’une inconsciente, qu’une égoïste. Muette et interloquée, tu demeures silencieuse – tu ne vois honnêtement pas ce que tu as fait de mal. Malade, tu as simplement oublié de brancher ton téléphone pendant quelques jours ; quelle importance cela pouvait-il bien avoir ? De toutes manières, personne ne cherche à te joindre ; ton propre père ne fait même pas cet effort. Quand cette réplique t’échappe, Woonie se fige et te fixe avec insistance. Une lueur étrange brille au fond de ses yeux. C’est comme si quelque chose – ou quelqu’un l’avait blessé. Tu comprends finalement. Lui, il s’est inquiété. Pour toi…


Na Eun tremble tant qu’elle ne se remet sur pied qu’avec difficulté. Des frissons la parcourent encore, alors qu’elle rajuste précipitamment ses vêtements. Dans un désordre de mouvements hésitants, la jeune femme cherche à retrouver une tenue à peu près correcte. Mais rien n’y fait ; le cachemire froissé retombe sans forme sur son buste, et sa chevelure échevelée demeure indomptée. Elle boucle jusque sur sa poitrine qui, encore essoufflée, se soulève et se contracte avec irrégularité. Il lui faut plusieurs longues secondes pour retrouver une respiration moins saccadée et moins douloureuse. Même après cela, son cœur bat toujours la chamade, résonnant dans tout son être et l’empêchant de former la moindre pensée cohérente. Visiblement désorientée, elle laisse son regard errer un instant. Quand ses yeux croisent enfin ceux de Hyun Woo, celui-ci peut encore voir ses pupilles dilatées.

« Quand je disais que tu n’avais rien à me prouver, je le pensais. Je ne te demande pas de compte… »

Sa phrase commence dans un murmure et s’achève dans un souffle. Elle perçoit avec acuité les regards qui pèsent sur eux et éprouve une trop grande gêne pour hausser le ton. Son regard fuit d’ailleurs bientôt et demeure rivé vers le sol. Elle se sent si ridicule à jouer les demoiselles résignées et compréhensives, à toujours répéter qu’il peut partir quand bon lui semble, alors qu’elle sait pertinemment qu’elle ne le supporterait pas. Le rôle d’amante éplorée ne lui sied guère ; c’est comme réciter des répliques sans en penser un mot, c’est se cacher derrière un masque fragile et dérisoire, déjà tout craquelé et morcelé. Elle rechigne pourtant à s’en débarrasser, trop effrayée pour s’en débarrasser.

« Tu sais que tu fais peur quand t’es en colère ? »

Troquant le misérabilisme contre une pointe de sarcasme et d’ironie, Na Eun lève vers lui un sourire narquois. Quelques menus pas lui permettent de se retrouver face au jeune homme, si proche de lui qu’elle peut aisément déposer un bref baiser sur sa joue et chuchoter à son oreille.

« Mais ce n’est pas nécessairement désagréable. Je devrais peut-être essayer plus souvent de te faire sortir de tes gonds. Mais pas en public… ça pourrait nous attirer des problèmes, nee ? »

Moqueuse, elle désigne d’un rapide signe de tête vers leur audience improvisée et recule lestement. Une étrange allégresse s’est soudain emparée d’elle. On lui reprochera sans doute d’être lunatique et d’avoir des humeurs plus versatiles que les saisons. Mais il n’empêche qu’une joie diffuse a succédé à ses angoisses exagérées. L’empressement que Hyun Woo a mis à étouffer ses craintes était peut-être forcé, mais cela a suffi à les lui faire provisoirement oublier. Ce soir, elles lui reviendront nécessairement. Mais en attendant, dès qu’elle ferme les yeux, elle se souvient des traces que ses caresses et baisers ont laissées sur sa peau. Dès lors, rien d’autre ne saurait retenir son attention.

« Je… Je dois rentrer à a la maison, mais… mais ce soir, je peux venir… d’ac…. D’accord ? »



It's a quarter after one ; I'm all alone
And I
need you now
Said I wouldn't call ; but I've lost all control
And I
need you now
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