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 I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.

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Song Hyun Woo
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MessageSujet: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Jeu 12 Jan - 9:16

(en fait, j'avais le rp depuis des lustres Oo je me rappelais pas l'avoir fait, mais en fait siiiiiiii. mais j'ai modifié des trucs, parce que c'était trop mal écrit xPP c'pas du -16 hein, mwaha.)

Four Months. Quatre petits mois. Assez pour le rendre dingue – pour provoquer son état d'hystérique au plus haut niveau. L'avion décolle de Tokyo, au Japon. L'avion atterrit sur le sol de la Corée. Le retour inévitable auquel il ne cesse de penser depuis des semaines, des jours, est enfin arrivé. Il l'a appelé. Mais elle ne répondait pas – surement occupée par son travail personnel, parce qu’elle a toujours cette belle excuse – surement en train de l'éviter, il n’en doute presque pas. Ses sens reprennent vie au moment où il franchit le seuil de l’aéroport, au moment où il pose le pied à terre et inspire l'air gelé – glacial – de ce mois de mars. Un soupir traverse ses lèvres. Semblerait-il que Song Hyun Woo soit de retour en Corée – et ce, pour retrouver sa « petite amie ». Jamais encore il n'a eu l'occasion de l'appeler ainsi – l'incertitude de leurs derniers moments ne lui a pas permis de le dire, de simplement l'affirmer. Yoo Na Eun est sa petite amie – techniquement parlant. Il ne lui a bien entendu pas parler depuis quatre mois – à peine un coup de fil au début du premier mois puis plus rien, le vide, le néant. Il a soupçonné son énormité de travail à l'école ou dans un drama quelconque ou même un récital auquel papa Yoo est encore susceptible de ne pas venir. Il a peur. Au fond de lui, la peur l'envahit. Elle le frappera à son retour ? Elle pleurera ? Se jettera sur lui ? Tant que questions sans réponse. Tant d'ignorance venant d'un simple homme vertueux comme lui. Hyun Woo ne sait pas. Hyun Woo ne saura sans doute pas. Hyun Woo est ignorant de la situation qui désarçonne sa « petite amie » au point de ne plus le voir et de ne pas lui ouvrir la porte de son appartement alors qu'il se rend à celui-ci – aujourd'hui. Il a frappé. Une fois. Deux fois. Rien. Pas un bruit. Ni même un gémissement. Il a encore soupçonné une excuse. Mais il n'y en avait pas.

Et puis, il a croisé une fille, deux, trois, et chacune d'elle racontait d'énormités grotesques sur elle. Sur sa Na Eun. « Grosse » - « Maigre » - « Vomissements » - « Fuite des cours précipitamment » - « Séchage » - Tout ce qu'il entend le désarçonne peu à peu et ses pas le dirigent vers la salle de musique, puis vers l'infirmerie. Ses pas le guident et son coeur bat. Ses yeux arpentent chaque parcelle de l'école – chaque recoin. Mais rien. Même une ombre de cheveu. Un sourire. Un regard. Son regard. Il le cherche malgré lui. Il la cherche. Peut-être cherche-t-il trop ? Peut-être pense-t-il trop à elle ? Peut-être a-t-il trop vite penser qu'elle serait à lui et qu'elle serait ainsi à lui pour toujours ? Peut-être est-elle partie avec un autre ? Sans prévenir. Déjouant les plans de Hyun Woo. Au fond de son sac, un étui bleu marin. Au fond de son sac, ses plans sont écrits. Mais en pénétrant dans l'infirmerie, ceux-ci sont véritablement déjoués.

« Eunnie... »

Chaque pensée s'accélère dans l'esprit de Hyun Woo et il fait rapidement le lien entre ses nombreuses fois où ils eurent couchés ensemble – consentants – heureux – et ivres généralement. Il fait le lien et se frappe la tête. Il fait le lien et s'effondre sur le sol tel une loque en la regardant assise sur le lit de l'infirmerie seule – avec ce ventre plutôt rond et cette mine affreuse qu'elle arbore. Ce ne peut être cela. Cela ne se peut pas. C'est juste l'indéniable raison à ses coups de fils sans réponse. À ses inquiétudes. À ses pleurs. Mais, il veut en être sûr, il veut être certain de ce qu’il s’emploie à penser, même si la vérité est sous son nez. Se redressant légèrement, il titube presque en s’accrochant à la poignée de la porte quand il se relève, mais son regard ne la quitte pas.

« Tu... Eun... Pourquoi tu ne m'as pas dit ? Pourquoi tu ne m'as pas appeler ? Tu... Tu es idiote ? Tu fais exprès ? Tu ne réponds pas à mes appels parce que... tu es... enceinte ? C'est ça ton excuse ? Tu es une inconsciente. Vraiment. Tu ne... »

Il se mord la lèvre et s'avance. Elle recule difficilement, toujours assise sur le rebord du lit. Elle l'évite. Le regard amoureux de Hyun Woo est plein de remords, pleins de tristesse. Au fond, il ne comprend pas pourquoi elle n’a rien. Mais peut-être es-ce pour préserver sa carrière ? peut-être es-ce parce qu’elle lui veut une vie meilleure que cela ? Hyun Woo s’en fiche. Il y a toujours ce qu’il a fait récemment pour son retour. Il y a cette cette bague gisant au fond de son sac – pour une éternité à présent. Et malgré lui, il vient lui bloquer la porte alors qu'elle se précipite vers elle. Blocage, et Hyun Woo la colle contre le mur d'à côté. Malgré lui, il l'embrasse avec fougue et ne se soucie pas du reste. Il l'aime – point. Il ne peut pas l'abandonner – pas comme ça. Ses doigts glissent sur son poignet doucement. Hyun Woo n'émet aucune force ni violence dans ses gestes.

« Je t'interdis de dire quoi que ce soit. Je te connais. Je sais ce que tu vas dire. Je sais ce que tu entreprends de faire. Tu n'as pas le droit. Tu ne peux juste pas effacer ça de cette façon. Je sais que... je sais que tu m'aimes. Je le sais parce que... parce que tu ne peux pas oublier tout ce qu'on a ressenti il y a quatre mois de cela, tu ne peux pas penser que c'est le hasard et ce fichu destin qui t'as mise en... en... »

Le mot reste bloqué au fond de sa gorge tandis qu'une larme glisse le long de la joue de Na Eun. Hyun Woo la recueille doucement du bout de son index et doucement lentement. Front contre front, il ne la quitte pas des yeux. Front contre front, il l'aime éperdument, mais c’est le début de l’éloignement.


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Yoo Na Eun
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MessageSujet: Re: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Jeu 9 Fév - 17:28

    Vous regardez un film, une comédie romantique un peu niaise et sans saveur. Ce n’est décidément pas ce que vous aviez prévu pour la soirée. En témoigne la ferveur des baisers que vous échangiez il y a quelques minutes encore. Ton chemisier avait finalement cédé, sa ceinture était même tombée… quand, soudain, la réalité vous a rattrapés. Il n’avait plus de quoi se protéger. Alors voilà pourquoi vous vous retrouvez sur ce canapé, vaguement rhabillés et visiblement frustrés. Tu n’oses pas le regarder car sinon, tu le sais, tu ne pourras résister. Parfois, quand il se redresse légèrement et entre un instant dans ton champ de vision, la seule vue de ses cheveux en batailles te ferait déjà presque céder. Tes doigts brûlent d’y courir et de s’y emmêler. Cette pensée a quelque chose de foncièrement tordu. Tu secoues la tête pour la chasser. Comme ta gorge sèche te brûle, tu esquisses un geste pour te saisir du verre d’eau qui trône sur la table basse. Mais il a eu la même idée. Vos mains se frôlent, vos regards se croisent… et tous les doutes s’envolent. Dans un même élan, vous vous jetez l’un sur l’autre. Après tout, qui vivra verra.


« C’est le troisième malaise de la semaine. Na Eun… tu pends bien tes repas ? Tu sais bien qu’il faut faire attention. Dans quelques mois à peine, tu seras mère, et… »
« Nope. Personne ici ne va être mère. Je dois vous le répéter combien de fois ? »
« D’accord, d’accord, mais le bébé… »
« … le tas de cellules embryonnaires, la chose que je porte provisoirement dans mon ventre… »
« … Jouer sur les mots ne changera rien à ton état ; cela t’aide seulement à te voiler la face et à vivre dans le mensonge. Seulement, les faits sont bel et bien là. Ton cynisme facile n’enlève rien à la réalité de la situation. »
« Oh, vous préféreriez que j’aille crier sur tous les toits que je suis une simple sotte qui a été assez stupide pour se laisser mettre en cloque par son petit ami ? J’avoue que c’est nettement moins flatteur pour moi ; mais puisque vous tenez tant à vous montrer fidèle aux faits… »
« Bien, très bien. Pense ce que tu veux. J’abandonne. Dans tous les cas, toi et ton tas de cellules avez rendez-vous chez le gynécologue jeudi prochain. Ne pense même pas à trouver une échappatoire… et prévenir le père pour ne pas y aller seule serait peut-être une bonne idée… »

Pas de réaction, pas même un signe de la tête. Réprimant un soupir navré, l’infirmière tourne les talons à regret et quitte la salle. Na Eun reste un instant immobile, puis s’anime enfin. Elle empoigne le pull qu’on lui a fait ôter pour l’ausculter. Il s’agit d’un vêtement d’un vêtement encore plus large et sans forme que ceux qu’elle arborait il y a quelques mois déjà. L’épaisseur des couches de laine cache encore la rondeur de son ventre, mais cette précaution que la jeune femme prend n’empêche pas les rumeurs de circuler. Jour après jour, il y a cette chose – cet être qui grandit en elle, et elle ne pourra pas éternellement garder le secret. Ce n’est même pas la peine d’essayer. Chaque nausée qui la fait sortir de classe au beau milieu d’un cours la trahit toujours un peu plus, et les parois des toilettes sont assez fines pour que les autres filles ne nourrissent pas le moindre doute quant à son état. Pourtant, la demoiselle persiste encore et toujours. Elle fait comme si de rien n’était ; elle n’a prévenu ni son père, ni aucun de ses professeurs ; elle ignore ses appels à lui… Voilà qui n’a rien de très malin pour une petite génie. Mais se bercer d’illusions est la seule façon viable que ses neurones surdéveloppés lui ont désignée pour tout gérer et ne point s’effondrer. En s’entêtant, la jeune femme a au moins l’impression qu’elle disposer encore de sa propre volonté, qu’à défaut de maîtriser son corps et ses hormones, elle peut quand même contrôler ses pensées. Mais ce qu’elle semble avoir oublié, c’est qu’elle n’est pas la seule embarquée dans cette histoire.

« Woo… Woonie. »

Prise de court, Na Eun l’observe entrer avec fracas et déballer tout ce qu’il a sur le cœur. Ses yeux demeurent légèrement écarquillés, sa main reste un instant en suspens, puis retombe inerte le long de son flanc. Elle ne bronche pas, réagit à peine. Mais ce silence est trompeur. Même si la jeune femme ne prononce pas le moindre mot, mille et une émotions l’assaillent au même moment. Il y a d’abord une joie paradoxale. Mademoiselle est avant tout heureuse, bêtement heureuse. Hyun Woo lui a tant manqué que de temps à autre, elle en aurait presque crevé. Puis vient le soulagement. Car depuis des semaines, la peur la tient au ventre et ne la quitte pas une seconde ; quand ses nausées l’éveillent aux petites heures du jour, personne n’est là. On ne lui murmure pas tendrement à l’oreille que tout va bien aller, qu’elle n’a pas à s’inquiéter. Aucune main ne lui tapote le dos, ni ne relève ses cheveux alors qu’elle rend tout ce qu’elle a déjà difficilement avalé. Seuls ses doutes et ses craintes lui tiennent compagnie. Du moins est-ce le cas jusqu’à ce que les bras de Hyun Woo, ces bras puissants et forts qu’elle a toujours tant affectionnés, l’enserrent soudain pour la rattraper. Instinctivement, Na Eun se sent rassurée et protégée. C’est comme si lovée contre lui, rien ne pouvait plus l’atteindre. Et pourtant, une autre vague de sentiments déferle bientôt sur elle, cette fois plus violente et vigoureuse. Une sourde colère la fait en effet peu à peu se raidir sous cette étreinte. On pourra sans doute imputer ce brusque changement d’humeur à ses hormones instables de femme enceinte, mais le fait est que sans crier gare, son poing s’abat tout à coup sur le torse du jeune homme ;

« C’est toi qui quoi ? C’est toi qui m’a mise dans cet état, tu dis ? Et qu’est-ce qui prouve que Monsieur est responsable, hein ? Pour quelle foutue raison cela serait nécessairement te concerner ? Ma vie se résume quand même à davantage qu’à ta petite personne, Hyun Woo. Je sais que tu te plais à croire que je suis à toi, que je t’appartiens… Mais il me semble que ce n’est pas toi qui prends du poids de minute en minute, ce n’est pas toi que l’on dévisage chaque jour dans les couloirs du lycée. Ce n’est pas toi. Alors tu seras gentil de ne pas venir me dire ce que j’ai à faire. »

Elle a toujours été une môme capricieuse et entêtée à laquelle on ne donne pas d’ordre sans y perdre un doigt ou même la mai. L’état d’énervement et de fatigue perpétuelle dans lequel la plonge sa grossesse n’arrange rien. On ne compte plus les crises de nerf auxquelles la jeune femme a cédé sous l’effet de tout ce stress accumulé. Une fois, une première année en a même été tellement terrorisé qu’elle en a pleuré toute une journée. Na Eun, elle aussi, pleure. Ses larmes sont aigres comme la rage et le vitriol. C’est un poison qui lui irritent et brûlent les yeux. Ce venin se distille même dans ses paroles, nappant d’une surprenante acidité les propos corrosifs qui passent ses lèvres carmin.

« J’ai la situation en main. Alors n’aies pas l’audace de m’adresser le moindre reproche ou la moindre réclamation. N’essaies même pas de me donner des conseils. On a commis une erreur, certes. Mais je ne laisserai pas un accident de parcours gâcher ma vie ou la tienne. »

Elle aimerait dire qu’elle fait cela pour son bien à lui, qu’elle agit pour de nobles et sages raisons. C’est toujours plus beau, plus grand de penser aux autres avant de ne penser qu’à soi. Mais la vérité, c’est que la jeune femme est terrifiée. Son visage ne laisse rien paraître ; les années lui ont forgé un masque d’impassibilité et d’inexpressivité. Mais derrière cette jolie façade, les craintes se bousculent et se heurtent dans la plus grande violence. Na Eun n’est pas une mère, elle n’en sera jamais une. Cette seule idée la fait se lever d’un bond et fuir vers la porte. Mais Hyun Woo la retient une fois encore contre lui.

« Woonie… Woonie, s’il te plaît. Les choses sont déjà assez compliquées. Ne rends pas cela plus difficile… »


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Song Hyun Woo
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MessageSujet: Re: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Jeu 9 Fév - 21:01

Quand ses lèvres se plaquent violemment sur les tiennes, tu ne peux réprimer qu’un gémissement sourd de contentement. Tes lèvres s’emploient à déguster les siennes, lentement, passionnément. Mais très vite, ta langue brise la paroi de ses lèvres et se faufile contre la sienne, sucré, délicieuse. Tes mains se sont très vite posés sur ses hanches pour la rapprocher de toi. Tu as très vite oublié ce film qui n’est que superflu à tes yeux, une musique de fond, une ambiance qui ne te permet pas de t’arrêter dans ton élan d’indécence. Un râle rauque s’échappe de tes lèvres quand tu commences ton ascension vers la naissance de sa poitrine. Ce n’est seulement qu’à ce moment-là que tu comprends, que ce soit elle est à toi, que demain elle le sera encore, et qu’à jamais, elle sera tienne. Ce n’est qu’à ce moment précis, que tu te promets, par la même occasion, de ne plus jamais la laisser, l’abandonner. Car elle est à toi. Car… Je t’aime.

« Arrête tout de suite. Stop tout. Yoo Na Eun, tu n’as pas le droit de me traiter ainsi. Tu sais combien de fois j’ai essayé de ne pas penser à toi durant ses quatre mois interminable ? Tu sais combien de fois j’ai… J’ai… Je comptais… Je… Et pis ce n’est pas une erreur. Rien n’est une erreur à mes yeux… Je… »

Il compte l’épouser depuis deux semaines. Cette idée trottine dans son esprit comme un virus s’accaparant de toutes les données bienveillantes qui l’en dissuade la plupart du temps. Mais aujourd’hui, mais hier, mais il y a trois jours, ou même deux semaines, cette idée est née au coin de ses pensées, gravissant les échelons, cherchant à devenir une évidence née. Pour Song Hyun Woo, il est évident qu’aujourd’hui est le bon jour pour lui demander quelque chose de particulier. Du moins, il en est persuadé jusqu’à maintenant, jusqu’à se retrouver à l’enlacer, précautionneusement, ses mains violemment accrochés à ses poignets, là retenant tant bien que de mal contre lui, contre son torse. Son t-shirt se froisse sous les poings de Na Eun, qui tente tant bien que de mal de le repousser. Il resserre ses doigts autour de sa prise et très vite grimace. Il a peur de lui faire du mal, à elle et à cet être dans ce ventre déjà rond. Il fronce les sourcils et son nez touche celui de Na Eun, tendrement. Son regard cherche le sien et au milieu de la pièce, il essaye tant bien de mal de garder son calme, de réfléchir, de respirer et la retrouver. Ses doigts glissent contre ceux de Na Eun et s’entrelacent aux siens doucement.

« Ce n’est pas ça qui m’empêchera de t’aimer, tu m’entends ? »

Il a compris. Il a compris que s’il n’agit pas maintenant il la perdra. Ses doigts s’entrelacent aux siens, et ses lèvres effleurent celles de Na Eun dans un mouvement de tête léger vers la gauche, pour finalement finir par embrasser sa joue tendrement, les doigts de sa main droit s’enfouissant dans sa chevelure. Elle lui a manqué, tellement manqué, qu’il n’est pas imaginable de savoir à quel point la toucher, la sentir contre lui, l’embrasser. La couvrir de baisers. C’est ce qu’il pense faire quand il se trouve dans l’avion qui l’emmène jusqu’ici, mais, arrivé, tout s’écroule, les torrents se déferlent sur lui, le vent le pousse, le repousse. La fille qu’il aime est enceinte. La fille qu’il aime ne la pas appeler, pas prévenu. Le trouble installé dans son regard s’est effacé et il s’empresse de la couvrir d’un baiser sur la joue, puis un sur la paupière, sur son front, sa joue droite, son menton, son nez. Il s’arrête quelques instants. Son regard pénètre les prunelles noirs de Na Eun, son regard semble triste, terne, perdu. Lui qui est si habitué au regard éblouissant et pénétrant de Na Eun, aux étincelles qu’elle provoque quand elle est en colère, aux papillons qui remplissent l’estomac de Hyun Woo quand il la contemple dormir, comme cette nuit là – ces nuits-là.

« Je ne te laisserais jamais. Ne crois surtout pas que je te laisserais seule. Ne crois surtout pas que je te laisserais te débrouiller seule. Cette erreur, on peut la réparer. Comme… Comme tu m’as « réparé » après mon accident… ne ? Si… Si je n’avais pas commis l’erreur de boire et prendre le volant, jamais nous serions ensemble aujourd’hui, jamais je ne serais aussi amoureux de toi. Enfin si… mais dans d’autres circonstances qu’aujourd’hui et… Je… Tu… »

Tout n’est peut-être pas perdu d’avance. Il s’agit d’une erreur passagère. Cependant, Hyun Woo ne sait pas ce dont Na Eun veut faire de l’enfant qui vit, qui grandit dans ce petit ventre rond que ses prunelles inspectent depuis quelques secondes. Perdu dans ses pensées, il scrute le fruit de leur amour, ce qui ne devait pas naitre avant des années, des milliards d’années lumières. Ses doigts se voient effleurer la rondeur de son ventre recouvert du pull en laine trop large pour Na Eun. Il hoche la tête et se ressaisie.

« Tu me combles à la fois de bonheur et de… J’ai… Eunnie, j’ai peur pour toi, tu… Depuis combien de temps, es-tu… ? »

Depuis combien de temps est-elle enceinte ? Depuis combien de temps lui ment-elle ? Depuis qu’il est parti, il sait que quelque chose à changer chez la jeune femme, au téléphone elle semble si distraite quand il l’appelle de l’hôtel dans lequel il loge. Un soupir traverse ses lèvres quand il se remémore les appels si peu nombreux qu’ils ont échangés. L’index de sa main gauche retrace la courbure de son menton, puis de ses lèvres, il semble perdu dans sa contemplation et ne plus faire la différence entre colère et bonheur.

« Tu sais depuis combien de temps je rêve de te revoir ? De te sentir contre moi, dans mes bras ? Je… Je suis incapable de t’en vouloir. Je suis incapable de te crier dessus, de te faire des reproches, de… Promets-moi juste de ne pas te faire de mal, de… de faire ce qu’il faut. J’ai entendu des… des filles dire des tonnes de choses à ton sujet et j’ai, erm, entre-autre, entendu ta conversation avec l’infirmière avant de rentrer. Tu ne comptes pas vraiment l’abandonner ne ? Peu importe. Je… »

Il grince des dents. Il bafouille tellement. Il est tellement peu sûr de lui au moment où elle se trouve devant lui, tremblante comme une feuille, suppliant du regard de la laisser passer, de la laisser partir. Ses bras encerclent sa taille et sa tête se penche pour embrasser ses lèvres. Tendrement, ses lèvres se déposent sur les siennes, se scellant ainsi en un baiser merveilleux, mielleux et doux. Jamais encore il n’a pu ressentir pareille frisson, mais à vrai dire, voilà des semaines qu’elle te manque, elle et son corps, elle et ses baisers. Inconsciemment, il resserre sa prise sur sa taille, le ventre rond de la jeune femme entrant en contact avec ton torse. Il se fiche bien de cela, ses lèvres redoublent leur intensité, et le baiser se prolonge quelques secondes, minutes encore. Et quand il rompe celui-ci, essoufflé, il lui murmure :

« Je t’aime et t’aimerais à jamais. Fais-moi juste confiance… Je… Eunnie… N’oublie pas, tu es à moi. »




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MessageSujet: Re: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Mar 21 Fév - 23:04

    Dix minutes se sont écoulées ; le test affiche enfin ses résultats. Mais assise sur le bord de l’évier, tes jambes se balançant dans le vide, tu y accordes à peine un regard. Il y a des symptômes qui ne trompent pas, et ta mère t’a fait avaler assez de traités de biologie pour que tu puisses les reconnaître sans peine. Un soupir résigné passe la barrière de tes lèvres, alors que tu te laves calmement les mains. Tu procèdes avec lenteur, avec minutie presque. L’eau glacée glisse sur sa peau, la laissant rouge et meurtrie. L’acharnement avec lequel tu presses le savon a quelque chose de dérangeant, d’effrayant. Cependant, tu ne t’interromps pas – trop concentrée, trop… terrifiée.


« Parle pas comme ça. On dirait des répliques sorties d’un mauvais film à l’eau de rose, du Titanic même. Tu te souviens ? Tu m’avais obligée à le regarder avec toi pour le traumatiser. Au final, c’est toi qui as eu besoin d’une boîte entière de mouchoirs… Crétin. »

Toute essoufflée qu’ils viennent d’échanger, Na Eun ne parvient pas à retrouver ce ton narquois qui lui sied d’ordinaire si bien. Elle peine à articuler, cherche ses mots et ne prononce ceux-ci qu’en haletant. Sa voix hésitante émousse le bord habituellement si tranchant de ses sarcasmes ; la jeune femme voudrait armer ces derniers des lames mieux aiguisées et glacées. Mais entre ses bras et sous ses mains, elle brûle et s’enflamme. Un feu incontrôlable l’embrase et secoue le joue de cette froide raison qui jusque là lui a permis d’envisager sans émoi, ni sentiment, de tout analyser et disséquer avec méthode – quitte à étouffer sa sensibilité, quitte à suffoquer. Dans un geste souple, Na Eun cherche à se dégager de l’emprise que le jeune homme a sur elle. Mais celui-ci la tient avec fermeté. Puis, pendant tous ces mois, il lui a bien trop manqué pour qu’elle insiste et parvienne réellement à s’en séparer. Aussi, épuisée, sa tête retombe contre son épaule. Quand la jeune femme se tient ainsi près de lui, il lui semble pouvoir respirer plus profondément, plus librement. Le parfum de son eau de Cologne la détend aussitôt. Mais la grossesse a tant et si bien déréglé son odorat que n’importe quelle fragrance, même la plus agréable de toute, réussit à l’écoeurer. Ainsi, pour éviter une très probable nausée, elle finit par se redresser, fronçant les sourcils et détournant le regard.

« Tu n’as pas à t’inquiéter, ni à t’affoler. J’ai déjà tout arrangé. Une dame des services sociaux est passée ; elle m’a laissé plusieurs dossiers à examiner. Ce sont des couples qui souhaiteraient adopter. Il y a quelques gens bien – plus ou moins, car fond, ils restent tous un peu naïfs et niais. Mais pour s’accommoder d’une petite chose qui bave et qui braille à longueur de journées, il faut bien un minimum d’inconscience et de stupidité. Dans tous les cas, j’ai sélectionné deux, trois candidats. Ce n’est pas la peine de t’en soucier. »

Na Eun a repris peu à peu contenance, alignant chacune de ses phrases comme de détails techniques, indifférents et dérisoires. Mais ses prunelles sombres demeurent anxieusement rivées vers le sol. La honte y couve, et la jeune femme craint que Hyun Woo puisse y déceler tous ces doutes qu’il lui a été impossible d’apaiser tout à fait. En bonne petite tête de mule, la demoiselle a pour principe inflexible de toujours prendre seule ses propres décisions et de s’y tenir coûte que coûte, vaille que vaille. Cette fois, néanmoins, le choix ne s’est pas imposé de lui-même. Des journées entières de réflexion et des nuits blanches angoissées ne l’ont guère aidée. Ses peurs l’ont même conduite à flirter avec des solutions bien plus radicales et expéditives. Il y a un mois à peine, la jeune femme patientait encore dans cette triste et morne salle d’attente. Quelques minutes encore, et le docteur la débarrasserait de ce parasite qu’elle n’avait jamais désirée, de cette vie encore balbutiante, de ce bébé. De son bébé.

« Tais-toi, d’accord ? Je sais ce que tu penses. T’es un abruti, mais un abruti qui a du cœur et du courage. Ca te gêne de me laisser comme cela, sans rien faire, sans rien dire. Tu voudrais ‘prendre tes responsabilités’. D’ailleurs, tu crois même en être parfaitement capable, nee ? »

Tuer le problème dans l’œuf lui aurait en effet évité bien des déboires et des déconvenues. Son ventre ne serait pas aussi rond, ni ses jambes aussi lourdes. Rien ne la tirerait de son lit la nuit pour lui faire recracher son dîner dans la cuvette des toilettes. On ne la poursuivrait plus de mille et un regards inquisiteurs au détour d’un couloir. Et cette conversation, ô combien délicate, n’aurait même pas lieu. Mais petite Yoo n’a pas pu. Car l’espace d’un instant, elle a vu… lui, elle. Une famille. Face à ce charmant tableau, son cœur s’est emballé et réchauffée. Na Eun aurait presque cru en rêver. Mais la réalité a fini par la rattraper.

« Et c’est sûrement vrai. Toi, tu en es capable. Tu ne te plaindrais même pas, tu assumerais. Mais moi… Moi pas. J’en suis pas capable, j’en serai jamais capable. »



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MessageSujet: Re: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Mer 22 Fév - 21:39

Quand elle agit comme cela, il la déteste au plus profond e lui. Quand elle se comporte de cette façon, il a juste envie de retourner dans le passé et ne jamais venir là où elle est, ne pas rentrer à la maison et la retrouver dans cet état. Un soupir s’échappe de ses lèvres quand ses doigts se promènent dans la chevelure de la jeune femme, caressant son cuir chevelu comme pour la rassurer, comme pour lui montrer que maintenant sa présence changera tout sur cet enfer qu’elle a dû vivre pour le moment. Song Hyun Woo s’en voulait, bien évidemment. Il avait mis sa petite amie enceinte et s’était enfuit sans en savoir un traitre mot. Il revenait heureux et souriant – prêt à tout pour vivre une idylle parfaite avec la jeune femme et pour peur, ses rêves les plus fous se voyaient refouler pour des années et des années maintenant qu’un enfant allait naitre de leur amour. Peut-être n’aurait-il jamais du entendre raison face aux sentiments qui martelaient son cœur et aux multiples regards qu’ils échangeaient, ne lui permettant pas de réfléchir correctement, ne lui permettant pas de vivre en paix en la voyant avec un autre, en se voyant lui-même avec une autre. Un léger sourire mince se dessine sur ses lèvres et il relève le menton de la jeune femme vers son visage du bout de son index droit.

« Tu sais, Na Eun. Je n’en démords pas. Il est à nous, pas qu’à toi. Tu n’as pas le droit de décider seule. Tu n’as pas le droit de me mettre à l’écart de tout ça. Je te l’interdis. Je serais là. Je suis là. Et ; et je maintiens que tu aurais dû me contacter et je serais rentré directement. Et dire que… et dire que je croyais que tu en voyais un autre et que c’était la raison pour laquelle tu ne… tu ne répondais pas. J’ai.. eu peur… »

Le petit garçon d’autrefois n’était qu’à peine visible sur le visage du jeune homme aujourd’hui. Ayant particulièrement muri en quelques mois, le voilà contraint d’affronter un problème majeur dans sa vie et dans celle de Na Eun. C’est pour cela qu’il déteste entendre ces mots stridents qu’elle décide de prononcer, d’utiliser les solutions directes, insensibles à ce que cela pourrait lui faire à lui. Ses doigts se tordent, ses doigts cherchent quelque chose pour ne pas franchir la barrière de sa colère et rester impassible à tous ces semblables mots franchissant le seuil de ces lèvres qu’il a rêvé toutes les nuits d’embrasser avec autant de ferveur qu’auparavant. Ses phalanges blanchissent durement. Il se retient pour ne pas frapper dans le mur à côté de lui. Il se retient et tente de rester calme, sans grand succès car ses lèvres se pincent affreusement et l’on sent sa colère qui émane de tout son corps contre celui de Na Eun.

« Tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu veux vendre ce gamin ? Tu veux le laisser à quelqu’un de moins compétent que ces propres parents ? As-tu seulement réfléchi au fait que nous pourrions vraiment être de bons parents pour cet enfant ? Inutile d’en parler, tu n’en démordras pas après tout. Je te connais trop bien, Na Eun, et tu es incapable de prendre tes responsabilités quand tu en as la possibilité. Enfin de compte, ce n’est pas moi, le lâche, celui qui ne t’as pas contacté pendant des mois à cause de mon accident. C’est toi ; parce que tu ne comprends pas que c’est une chance pour toi d’être différente pour tout le reste de ta vie. »

Pour la deuxième fois, il s’énerve. La dernière fois, Na Eun disait que si il en avait marre d’elle, il pouvait la jeter, elle n’en aurait rien à faire, elle avait le cœur assez dur et solide pour s’y faire. C’était à peu près ce qu’il en avait interpréter, du moins. C’était ce qui l’avait poussé à la plaquer contre le miroir mural de la salle de danse. En colère, il l’avait embrassé d’une façon trop bestiale, trop sauvage, mais il s’en fichait bien. Il avait tenté de la déshabiller sous le regard des élèves innocents, et il se fichait bien de leur présence. Il voulait sa confiance et là encore, il ne l’avait pas. Elle ne croyait pas en son amour, en sa bonté, en sa générosité et sa façon de simplement être là pour elle. Si elle y croyait seulement peut-être croirait-il aussi que l’adoption serait une meilleure solution ; peut-être que il aurait cru en Na Eun et l’aurait laissé se débrouiller seule. Mais il lui était impossible de le faire, car, son amour dépassait tout cela, et sa peur de la perdre, sa peur qu’elle se fasse mal, qu’elle « lui » fasse mal, à ce « petit être » au fond d’elle, qui doit leur ressembler d’une étrange façon. Un mélange de Yoo Na Eun et Song Hyun Woo. Un mélange parfait et idéal. Ses doigts se desserrent. Na Eun a posé sa main sur son poing dont les phalanges sont carrément blanches, presque transparentes. Et il lui suffit de ce contact pour relever son regard vers elle.

« On est capable, Na Eun… crois-le ou non. Je le sais. Et… quoi que tu décides, je suis… et je me tais si tu veux. Je ne dis plus rien. Je t’aime simplement. Je t’aime encore. Je t’aime jusqu’à ce que tu sois épuisé de m’entendre, de me supporter. »


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MessageSujet: Re: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Dim 18 Mar - 18:54

    Vos samedis après-midi, vous les passiez dans ce parc à mi-chemin entre vos deux maisons. Les bacs à sable et balançoires qui s’y trouvent vous ont vus tomber, vous relever – grandir. Tu ne te souviens plus de tous vos jeux d’enfant et de leurs règles, mais les rires insouciants qui les accompagnaient demeurent gravés dans ta mémoire. Aujourd’hui encore, il te suffit seulement de t’en souvenir, et déjà, ils te réchauffent le cœur et te redonnent le sourire. Pourtant, même en ce temps-là, une pointe de tristesse se mêlait parfois à vos tendres amusements. Il arrivait qu’une famille, une vraie – avec deux parents qui aimaient réellement leur bambin –, passe devant le banc où vous preniez. Alors ton visage s’assombrissait, et ta mâchoire se serrait. Mais ce n’était jamais que passager. La main de Woonie se saisissait bien vite de la tienne et y exerçait une légère pression ; vous n’échangiez pas un mot, mais ce simple contact contenait plus que mille promesses. Il serait là. Il serait ton frère, ton père – ta famille.


Na Eun ne répond pas immédiatement. Des sanglots silencieux l’agitent et l’étranglent. Ses larmes ne tarissent point et coulent à flot ; quand la jeune femme passe la main pour en essuyer quelques unes, il en vient toujours d’autres. La plupart laissent des sillons étincelants sur ses joues pâles et sans éclat ; d’autres parviennent jusqu’à ses lèvres et y déposent tout leur sel et toute leur amertume. Dans un énième effort pour échapper à cette saveur aigre-douce, elle lui vole un baiser. En effet, sans prévenir, son visage s’approche de celui de Hyun Woo, et bientôt, sa langue cherche la sienne. Une fois n’est pas coutume, la demoiselle procède avec douceur et tendresse ; elle frôle, effleure, caresse. La même délicatesse anime le reste de son corps qui se cambre pour mieux épouser la silhouette du jeune homme. Leurs deux formes enlacées basculent sur le lit, alors que ses doigts frêles retracent sans hâte les lignes de sa nuque et de ses épaules. Elle sait qu’il est en colère et qu’il leur faudra parler pour « tout arranger », mais en attendant, elle se contente de l’embrasser pour ne plus pleurer et pour mieux respirer. Il lui est devenu plus essentiel que l’air et l’oxygène ; sans lui, c’est à peine si elle vit. Si il la quitte, le jour continuera de se lever et de se coucher, le temps ne suspendra certes pas. Même son cœur battra sans doute. Et pourtant, rien de tout cela n’en vaudra la chandelle si lui n’est pas là.

« Woo-Woonie… On en aura d’autres. Des enfants… Autant que tu veux. Mais ceux-là, on les aura voulus, on les aura attendus. On ne se demandera pas constamment si on leur sacrifie notre avenir ou non, car, justement, ce seront eux notre avenir. Les seules inquiétudes que nous nourrirons concerneront les prénoms que nous souhaiterons leur donner et la couleur dont seront peints les murs de leur chambre. »

Ses petites mains agrippent le col de sa chemise, et ses genoux se pressent contre ses flancs. De tout son poids, elle le retient étendu sous elle, sur le lit. Son étreinte se resserre toujours plus, au fur et à mesure que la crainte qu’il l’abandonne grandit en son sein. Il y comme un soupçon de désespoir dans la manière dont elle s’accroche à lui. Mais les fatigues de ses derniers mois ont vaincu ses habituelles résistances ; de sa fierté d’antan, ne subsistent que de maigres vestiges que le premier trop-plein d’émotions balaie aisément. Dans quelques heures, elle s’affligera peut-être de cette extrême dépendance à laquelle elle se trouve réduite. Pour l’instant, elle a trop besoin de lui pour se soucier des tristes restes de son orgueil démesuré. Sa voix pressante et suppliante le prouve assez.

« On en aura. Des garçons, des filles. Je te le promets. J’apprendrai même à cuisiner pour qu’ils ne soient pas affamés au goûter, à coudre pour qu’ils n’aiment pas des tenues débraillées et dépareillées, à conduire pour qu’ils puissent aller où ils veulent. J’apprendrai… tout ce que je ne sais pas encore. Mais Woonie… pour cela, j’ai besoin de temps. Des années. Cela ne s’improvise pas du jour au lendemain. »

Elle s’est redressée, mais maintient toujours fermement son emprise sur Hyun Woo. Ses instincts lui dictent de ne rien lâcher. Les années lui ont appris à deviner les colères du jeune homme ; celles-ci s’avèrent particulièrement terribles et violentes quand il se sent trahi ou blessé. Au fond, Na Eun sait qu’en voulant s’attaquer à ce petit être qui grandit en son sein, c’est aussi lui – c’est aussi eux qu’elle vise. Il s’agit là de leur chair et de leur sang. Si elle s’en débarrasse, elle abandonnera aussi une partie d’eux. Voilà ce qui leur fend le cœur à l’un et à l’autre.

« Mais pas maintenant, pas comme ça… On ne peut pas. »

Les pleurs menacent à nouveau de s’écouler. Aussi, afin de les étouffer, Na Eun enfouit prestement son visage au creux du cou du jeune homme. Ses ongles s’enfoncent dans la peau de son dos. Leurs silhouettes s’épousent entièrement, dans tous leurs pleins et creux. On dirait qu’à défaut de pouvoir lui donner un enfant qui leur appartiendrait à tous les deux, la demoiselle tente de ne faire plus qu’un avec lui.

« Ce ne serait même pas juste pour lui. Le bébé ne mérite pas ça. Au moindre regret, ce serait lui qu’on regarderait. A la moindre déception, on se demanderait irrésistiblement comment les choses se seraient passées sans lui. Oh, bien sûr… cela n’empêcherait peut-être pas de l’aimer. Mais le poids des ‘et si’ – ‘et si il n’était pas là’, ‘et si les circonstances avaient été différentes’, ‘et si…’… c’est trop lourd à porter pour un simple gamin. »

Rassurée maintenant qu’elle peut le sentir contre lui, la jeune femme argumente de manière plus articulée et plus élaborée qu’auparavant. Elle mesure chaque mot qu’elle emploie, se souvenant assez des constantes désillusions de sa génitrice et de l’indifférence de son père. Née dans un monde qui n’avait jamais eu l’intention l’accueillir, elle se refuse à donner la même vie à un bébé… même à son bébé. Se redressant donc, Na Eun regarde finalement Hyun Woo dans les yeux. Elle conduit la main de celui-ci jusque sur son ventre et achève.

« Il mérite mieux – mieux que d’arriver comme un hasard auquel il faut se résigner, mieux que d’être la variable d’une équation avec laquelle il faut compter. Il mérite d’avoir été voulu et espéré. »



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MessageSujet: Re: I'll be waiting; all there's left to do is run ❥ naeun.   Lun 26 Mar - 19:53

Tu crois qu’elle aimera ? Tu n’es pas sûr. Tu fronces des sourcils quand tu l’aperçois dans sa petite robe. Es-ce qu’elle aimera cette attention qui vient de toi ? Es-ce qu’elle te rira au nez ou s’accrochera à ton cou ? Tu fronces les sourcils à nouveau et soupire. Es-ce qu’elle aimera ? Cette question te turlupine, mais vêtu d’un costard noir, ta main se cache dans ton dos, ses fleurs préférées sont réunis en un magnifique bouquet et tu l’attends à l’entrée de sa maison. Maman Yoo t’as jeté un regard outré, mais tu t’en fiches, tu es là et tu l’as invité au bal de fin d’année de l’école. Vous avez quoi, onze ou douze ans ? Mais tu t’en fiches, ton attention est mignonne et tu espères vraiment qu’elle aimera.

« Et si un jour on recommençait tout à zéro, Eunnie ? Si un jour on ne s’était pas rapprocher ce ne serait pas arriver, mais le regrettes-tu simplement ? Ton cœur bat quand je suis là. Tes lèvres m’attirent quand tu es là. Et… Et ce bébé pourrait être une erreur, sans aucun doute, mais… »

Il est perdu, car derrière ce visage d’ange, il y a tous sourires, toutes ses mimiques, tous ses parfums qui l’enivre. Un sourire niaise se dessine sur son visage et toutes les paroles qui, aussi fluides que le vent, sortent de sa bouche disparaissaient de son esprit. Bien sûr qu’il ne voit qu’elle. Elle a toujours été là, loin des autres et pourtant si près de son cœur qu’il ne saurait dire encore depuis combien de temps il survivra jusqu’à la prochaine attaque meurtrière de ses sentiments dévouées pour elle. Alors que leurs silhouettes s’épousent complètement, ses mains sont venus se nicher au creux de ses hanches, caressant doucement le bas de son ventre à peine rond, mais assez pour attirer son regard. Ses prunelles se dilatent. Il semble presque excité à l’idée d’avoir un enfant, mais trop fatiguée, trop épuisée de la retenir, de la faire changer d’avis, qu’il hoche simplement la tête et enfouit par la suite son visage dans son cou. Il regrette de s’être emporter. Il regrette de l’avoir brusquer. Il regrette de l’avoir laissé tomber tout ce temps sans savoir ce qu’il advenait d’elle, sans réponses, sans nouvelles. Son nez se colle à son cou. Il respire la joie de vivre. Il respire son odeur, son parfum. Celle-ci lui a tant manqué qu’il ne se retient pas de la serrer contre elle, oubliant pourquoi il était en colère quelques instants plutôt. Quand il était petit, il avait l’habitude de serrer sa mère dans ses bras aussi fort qu’il le faisait maintenant avec Na Eun. Mais il n’y avait rien de bien compliqué dans la relation qu’il entretenait avec Maman Song, au contraire, elle était juste sa mère et Na Eun, elle, elle était sa fleur, celle qui rendait visible son cœur au fond de sa poitrine, celle qui faisait vivre ainsi chaque battement précieux de ce simple organe. Na Eun était devenue sa vie, son souffle, sans qu’il le sache lui-même – ce n’est seulement qu’aujourd’hui, dans ses bras, au creux de son cou, à la naissance de sa poitrine qu’il redessine d’un regard, qu’il comprend l’importance de cette femme, de cette meilleure amie qu’elle n’a pu être davantage à ses yeux. Resserrant ses doigts imposants sur le poignet de la jeune femme, il guide sa main le long de son torse jusqu’à son cœur.

« Je… Comme tu veux, Na Eun. Je veux juste… Ne… Ne fais pas de mal à… Ne me fais plus de mal. »

Très vite ses mots se troublaient sur son visage. Frustré, il perdait pied et se laissait guider par les filets de l’amour. Jamais encore il n’a été aussi accroché à une fille, jamais, jusqu’à Na Eun. Mais il aurait fallu être fou pour ne pas remarquer qu’il crève d’envie de l’embrasser, de la prendre dans ses bras. C’est d’ailleurs ce qu’il fait – sur ce lit. C’est d’ailleurs ce qu’il fait – quand ses doigts se faufilent le long de son bras provoquant d’innombrables frissons dans le corps de la demoiselle.

« On en aura d’autres, mais… Mais il aurait pu… Il aurait pu être… »

Il aurait pu être heureux, ce garçon ou cette fille qui vit au fond de son ventre lentement. Il aurait pu vivre une vie très joyeuse parmi eux, mais n’a-t-elle pas raison quand elle parle de carrière et de vie ? N’a-t-elle pas raison de penser à lui et à elle avant de fonder cette famille qu’ils désirent tout autant ? Il n’y a sans doute rien de puérile là-dedans, juste l’envie de devenir quelqu’un, de grandir, de bâtir sa vie avant de bâtir son cocon familial. Juste ça… rien d’autre. Il enserre un peu plus sa taille de ses bras et la rapproche de son torse en se redressant contre le mur derrière lui.

« Dis… Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Je serais revenu directement. J-Je… Tu n’aurais pas eu à subir tout cela seule. Et… Et même si il ne nous mérite pas maintenant, pas lui, je veux être là pour toi, je veux toujours être là pour toi, quoi qu’il arrive, quoi qu’il t’arrive à toi. »

Il sourit timidement et ses doigts viennent redessiner les courbures de son visage doucement. C’est assez triste dit comme cela, mais Hyun Woo se plie lentement à ses désirs à elle. C’est assez triste, mais elle lui a tellement manqué, que pourrait-il faire de mieux que de l’écouter parler, que de l’embrasser, que de lui caresser la joue pour la rassurer. Hyun Woo est éperdument amoureux. Hyun Woo ne veut plus la perdre.

« A partir d’aujourd’hui je te lâche plus, et tu ripostes pas sinon je te mords le bras. En plus Hyun Ki est pas là de la semaine je crois, tu peux venir à la maison, ne ? Juste pour… pour te reposer un peu, ne ? Je te ferais tes petits déjeuners, en plus je saiiiiis que tu raffoles des biscottes tartinés par moi. »

Il échappe un rire et ses lèvres se posent sur son épaule. Ses dents viennent y mordiller la peau frêle de Na Eun et son regard, lui, il ne quitte pas celui de Na Eun. Son regard, il se perd et se montre particulièrement insistant.


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