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 /!\ -16 (when they were young) you're still in my lonely mind ♥ na eun.

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Song Hyun Woo
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MessageSujet: /! -16 (when they were young) you're still in my lonely mind ♥ na eun.   Lun 20 Fév - 21:26

Un léger sourire se dessine sur tes lèvres quand Omma te demande des nouvelles de Na Eun. A vrai dire, tu ne saurais que dire, tu ne l’as vue depuis un week-end entier, et cela te rend limite dingue. Tu ne sais pourquoi un vide s’installe dans ton cœur quand tu ne la vois pas entre trois heures consécutives sans nouvelles. Attristé par ton refus catégorique de dire si Yoo Na Eun va toujours aussi bien qu’hier ou que demain, Omma te tapote la tête et repart dans sa cuisine, te laissant seul sur le seuil du salon à admirer Hyun Ki et Appah jouer aux échecs sur la petite table de salon en bazar à cause de toutes les revues de Omma. Tu es aussi attristé. Na Eun ne t’a pas contacté ce week end, pas depuis qu’elle t’a rappelé ce que vous devez faire lundi soir, ce qu’elle a décidé de faire ce lundi soir. A vrai dire, ça te perturbe légèrement, peut-être beaucoup plus que tu ne le crois. Tu fais pourtant abstraction de tes peurs et tu soupires avant de t’enfoncer dans ta chambre, silencieux.

Un léger sourire se dessine sur tes lèvres quand tu aperçois son visage, le lundi matin, à huit heures, quand elle entre dans la salle de classe. Elle s’est assise à côté de toi, silencieuse. Tu sais très bien à quoi elle pense. Tu t’en doutes, du moins. Tes doigts se crispent sur le rebord de la table et la leçon matinale prend forme alors que vous restez silencieux l’un à côté de l’autre. Tu n’oses pas vraiment lui jeter un regard. Tu as peur qu’elle te fixe, qu’elle te fasse chavirer. Pourtant, Na Eun n’est que ta meilleure amie, rien de plus, alors pourquoi sembles-tu contraint à faire ce que vous avez décidé d’entreprendre ce soir, chez elle ? Tu as dit à Omma que tu resteras dormir chez Na Eun ce soir. Et rien qu’à y penser, tu te crispes de plus belle, tes doigts s’enfonçant dans le tissu de ton pantalon d’école. Au bout d’une heure, ton regard a réussi à se frayer un chemin vers elle, et tu te rends vite compte que Na Eun s’est mise sur son trente et un ce matin.

Un léger sourire se dessine sur tes lèvres. Tu sembles presque satisfait qu’elle t’apparaisse aussi entreprenante et jolie à tes yeux ce matin-là. C’est pour cette raison que ta main glisse inconsciemment sur sa cuisse, cherchant la sienne, sous la table de votre bureau. Tu hésites, bien entendu. Tu es bien trop timide et idiot pour entreprendre des choses indécentes dans une salle de classe bondé. Tu es bien trop inexpérimenté pour oser la toucher, pour oser agir de la sorte. Pourtant, tu aurais dû te détromper, puisque, après t’être saisi de sa main, tu enlaces ses doigts lentement. Jamais encore tu n’as aperçu la douceur de sa peau aussi parfaitement que maintenant. Jamais encore son regard ne t’es apparu si transperçant et désireux. Une lueur vive nait dans ton regard et déjà tes doigts se défont de leur étreinte pour glisser sur sa cuisse enveloppée d’un collant opaque qu’elle arbore que pour de rares occasions.

Un léger sourire ourle tes lèvres. Sourire narquois et arrogant, la personne que tu n’es pas ressurgit alors et tu te laisses guider par tes instincts. Très vite, tes doigts se faufilent, tes doigts s’aventurent, tandis que ton sourire, toujours plus grand et brillant discernent tes dents blanches bien alignés. Quand tu atteins le tissu de la dentelle de son sous-vêtement, tu te stoppes et ton regard cherche le sien, alors que tu n’écoutes pas un traitre mot de ce que vous enseigne le professeur au tableau. Etre au fond de la classe s’avère être une bonne raison de continuer dans ta lancée. Et, si une fille de ta classe ne s’était pas retourner pour t’interrompre dans celle-ci, peut-être, aurais-tu dégusté au doux désir de la voir frissonner sous tes caresses. Mais tu te retiens, tu te promets d’agir de la même façon ce soir, mais tu n’en seras sans doute pas capable. Inexpérimenté et craintif de mal faire, tu as peur, et tu frissonnes, timide et perdu, rien que d’y penser.

« Mhm. Dommage… »

Tu murmures tandis que ton regard se baisse sur ta main qui rejoint la sienne. Il vaut mieux s’en tenir à ce simple contact pour le moment, sinon, peut-être risques-tu d’agir bien trop mal, bien trop indécemment. Tes doigts encerclent les siens et ton pouce vient se déposer sur le haut de sa main pour y tracer quelques mots, quelques dessins, qui te permettent de lui montrer à quel point – tu as envie d’elle – tu la veux elle – maintenant – et pour toujours.

« Dis… C’à quel heure déjà qu’on rentre ? Directement après l’école ? pis… Papa Yoo… il est vraiment pas là ? Puis on regardera un film ? Awui et euh… On… Euh… J’ai pas vraiment envie de te faire de mal, eu-eu-eunnie-ie… »

Et tu bégayes comme un idiot.


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Dernière édition par Song Hyun Woo le Dim 18 Mar - 8:33, édité 1 fois
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Yoo Na Eun
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MessageSujet: Re: /!\ -16 (when they were young) you're still in my lonely mind ♥ na eun.   Dim 18 Mar - 8:13

    « Hum. Pardon… ? Je-Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris ce que… »
    « Uh, fais pas l’idiot. T’as parfaitement saisi où je voulais en venir, mais t’es trop lâche pour donner une réponse. Pas la peine de tergiverser – t’es d’accord ou pas ? »
    « Mais Eunnie, on… »
    « Si tu refuses, je m’en remettrais, hein. Je demanderai à Ji Hwan sunbae ; l’autre jour, il… »
    « Yah ! … J’ai… J’ai pas dit non. »


Ta main a toujours parfaitement logé dans la sienne. Quand vous étiez encore enfants, il se saisissait déjà avec douceur de tes menottes malmenées et contusionnées. La longue règle en bois au moyen de laquelle ta mère « te menait à la baguette » y laissait souvent de douloureuses traces écarlates, et Hyun Woo entendait calmer toutes tes souffrances en les effleurant du bout des doigts. Trop fière pour être docile, trop timide aussi, tu faisais mine de reculer, de refuser et de résister. Mais tu t’abandonnais bien vite à ses deux paumes, larges et fortes. A leur seul contact, toutes tes peurs se taisaient, et les ecchymoses qui parsemaient ta peau cessaient un instant de te lancer. Il n’y avait plus que ce lien qui vous unissait qui réellement comptait. Tu te sentais comme rassurée et protégée.

« Woonie, tu savais que tu parlais trop quand t’étais gêné ? »

Ce que tu ignorais, alors c’était combien ces mains qui t’apaisaient tant sauraient aussi te faire frémir et frissonner. Cela, tu l’apprends à tes dépens quand, sans prévenir, ses doigts se faufilent sous ta jupe. Ceux-ci n’entament leur ascension qu’au niveau du genou, mais ne tardent à se montrer plus curieux et audacieux. Sous le coup de la surprise, tu ne peux réprimer un brusque soubresaut. Ta taille se cambre, tous tes muscles se crispent. Les nerfs ainsi à fleur de peau, tu mesures avec d’autant plus d’acuité l’effet qu’il te fait. Chacune de ses caresses laisse comme une traînée incandescente ; la chaleur monte jusqu’à tes joues qui rosissent. Par chance, tes longues boucles ébène les cachent à la vue des autres. Comme ton regard demeure rivé sur l’exercice d’algèbre que vous êtes en train de corriger, le trouble embrumant tes pupilles dilatées passe aussi inaperçu. Mais si Woonie continue ainsi, tu seras incapable de te maîtriser davantage. Déjà, lorsqu’il frôle les guipures de ton sous-vêtement, tu dois enfoncer tes dents dans ta lèvre inférieure pour étouffer un léger gémissement. Personne ne l’entend – du moins, le crois-tu jusqu’à ce que la fille assise devant vous se retourne et vous jette un regard interloqué. Ton visage achève de s’empourprer complètement.

« Mais c’est mignon… Enfin, plus ou moins. Autant que tu peux l’être. »

Tu ne reprends contenance qu’en le taquinant et en chuchotant ces mots moqueurs. Avec malice, tu lui tires même brièvement la langue. Mais le désir et l’envie voilent encore tes iris noisette. Dans ton esprit, tu imagines déjà ce à quoi, ce soir, cette main qui s’empare de la tienne s’emploiera. Elle parcourra sans doute bien d’autres parcelles de ton corps, et il est peu probable que tu sauras dompter les violents tremblements qui secoueront celui-ci. Le jour dont vous avez convenu est en effet arrivé. Tu l’accueilles avec un mélange d’impatience et d’appréhension. Ce matin, en te levant, tu as veillé à ranger soigneusement ta chambre et à changer les draps de ton lit. L’excessive minutie de tous ces préparatifs frise la maniaquerie, mais c’est ta façon à toi de te prouver que la situation est sous ton contrôle. Tu crains pourtant qu’elle ne t’échappe à un moment. Tu sais que toi, tu ne reculeras pas. Mais pour ce qui est de Woonie, rien n’est moins sûr. Il n’a accepté ce marché qu’à contrecoeur et peut toujours se raviser. Après tout, c’est à peine s’il te voit comme une fille. Tu n’es que sa meilleure amie. Il ne te désire sans doute pas, ne te veut sans doute pas. Aussi, pour mettre toutes les chances de ton côté, ce jour-là, tu as apporté un soin particulier à ta tenue. Ta chevelure d’ordinaire en bataille se trouve précautionneusement coiffée, et tu arbores même un maquillage discret : un trait de crayon pour souligner ton regard, un peu de baume à lèvres pour les rendre pulpeuses. Tu as par ailleurs troqué tes habituels collants contre des bas plus élégants, plus féminins ; quand tes jambes se croisent, ta jupe – raccourcie pour l’occasion – dévoile les dentelles qui les bordent. Les premiers boutons de ton chemisier sont défaits ; à la sonnerie, tu te penches vers ton meilleur ami, et il peut apprécier.

« Et s’il faut vraiment des réponses à toutes tes questions, les voilà : non, mon père ne sera pas là. Il est en voyage d’affaires à Bangkok depuis trois semaines et n’a même pas téléphoné depuis qu’il est parti. Il est clairement mieux là-bas qu’ici. Donc je ne vois pas pourquoi il reviendrait. Je ne vois pas non plus pourquoi on regarderait un film ; on a autre chose de prévu, nee ? Et qu’une soirée pour tout faire… donc je t’attends à 15h, après les cours pour prendre le bus. Sois pas retard. »

Sans rien ajouter, tu te lèves et te diriges vers la sortie de la salle de classe, tandis que Woonie se retrouve très vite entouré de tous ses autres amis. Le lundi, vous ne déjeunez pas ensemble car vous ne partagez aucune leçon dans l’après-midi. Tes cours de chimie avancés t’obligent à descendre vers les laboratoires du rez-de-chaussée tandis que lui reste ici pour l’anglais. Le regard que tu lui lances depuis le pas de la porte est donc en théorie le dernier que vous échangez jusqu’à ce soir. Tes pas te guident à travers les couloirs bondés sans prêter attention, à la foule qui s’y déverse. Tu t’engages distraitement dans la cage d’escaliers de secours et t’assieds sur la rambarde. C’est là que tu as coutume de prendre tes repas – à l’écart des autres, dans le calme et dans la solitude. Cela ne te dérange pas normalement. Mais aujourd’hui, tu voudrait qu’il soit là.

« Woo-Woonie… ? Mais… Yah, je ne savais pas que t’étais pressé au point d’abandonner la bande d’abrutis qui te sert d’amis. L’autre jour, tu voulais même pas… »

Visiblement, il n’y a pas qu’à toi que la séparation paraît superflue. Quand tu lèves les yeux de ton manuel de biologie, tu t’aperçois qu’il se tient devant toi. Ton regard rencontre le sien, mais le fuit presque aussitôt. Maintenant que vous vous trouvez seuls, l’un face à l’autre, tout devient plus réel. Vous vous apprêtez à sauter le pas, et un peu comme avant un orage, une espèce d’électricité charge l’air que vous respirez. Ta gorge se serre. Ta poitrine se comprime, alors que ton cœur bat la chamade. Tu n’y tiens finalement plus. Des deux mains, tu tires sur sa ceinture pour qu’il se rapproche, puis chuchotes à son oreille :

« T’es pas drôle. Tu veux toujours prendre de l’avance et me doubler. Tout à l’heure, dans la classe, tu faisais déjà comme ça. Mais tu sais… ce n’est pas la peine d’agir de la sorte. Il suffit de demander. »

Tu conduis ses mains sur tes hanches, sous ta jupe. Le sous-vêtement que tu arbores ce jour-là ne couvre qu’une partie de tes rondeurs ; il peut donc largement les parcourir et en retracer les contours. Les mêmes frémissements qu’un peu plus tôt t’assaillent, mais tu te forces à ne rien laisser paraître. Tu ne veux pas trahir la moindre faiblesse. Aussi tes yeux demeurent fermés, tes paupières masquant le trouble qui point en toi. Mais tes bras qui se nouent autour de son cou et tes poings qui se serrent en disent assez long. Vos lèvres se cherchent, mais ne se touchent pas. Vous n’osez pas encore ; tantôt c’est toi qui rejettes la tête en arrière, tantôt il détourne le visage au dernier moment. Cependant, vous vous apprivoisez peu à peu et êtes même sur le point de vous embrasser quand la sonnerie de son portable retentit. Tu ouvres brusquement les yeux et te redresses. Lui reste immobile et interdit. Aussi, sans lui demander son, avis tu te saisis du téléphone qui est dans sa poche ; l’écran affiche un nom féminin, celui de la dernière conquête de Woonie. Un soupir et une grimace t’échappent. Tu l’aurais presque oubliée, celle-ci. Tu l’oublieras sans doute un jour, quand Hyun Woo l’aura remplacée. En attendant, elle vient te rappeler que ton meilleur ami ne fait tout cela que pour t’accorder une faveur, que pour te rendre service. Ce n’était pas comme si tout cela était vrai. Comme pour chasser cette pensée, tu secoues la tête et plaques l’appareil contre son oreille.

« Réponds. »

Il semble pris au dépourvu. Il l’est sans doute plus encore quand tes doigts s’attèlent à dessangler la boucle de sa ceinture. Le cuir glisse rapidement sous l’acier. Défaire le bouton est un jeu d’enfant ; tirer sur la fermeture-éclair prend encore moins de temps. Ce n’est qu’après que tes gestes s’avèrent plus hésitants, plus désordonnés. Mais un air décidé ourle tes traits ; vous n’avez qu’aujourd’hui, alors autant en profiter. Ton index et ton pouce suivent bientôt la ligne qui saille à travers le tissu, allant, puis venant – remontant, puis redescendant toujours plus bas. Sa mâchoire semble se tendre ; tu y déposes un baiser. Dans son cou, son pouls fait battre avec vigueur sa jugulaire ; tes lèvres y viennent aussi.

« Oublie pas de lui préciser que ce soir, son ‘Oppa’ est occupé. Très occupé. »



It's a quarter after one ; I'm all alone
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Said I wouldn't call ; but I've lost all control
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Song Hyun Woo
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MessageSujet: Re: /!\ -16 (when they were young) you're still in my lonely mind ♥ na eun.   Dim 18 Mar - 11:05

Quand tu étais petit, tu aimais voir ta mère couper les roses du jardin ou s’occuper de n’importe quelle fleur s’épanouissant dans l’immense verdure de votre maisonnette. Tu admirais son visage enjoué et sa façon délicate d’agir avec ces petites choses fragiles qu’elle entretenait avec soin – et amour. Votre père, à toi et Hyun Ki, il ne comprenait pas tout le temps pourquoi elle prenait plus de temps à s’occuper de ces parterres de fleurs plutôt que d’eux – sa famille. Mais toi tu l’avais compris, toi tu savais qu’il s’agissait d’une passion, d’un amour inconditionnelle pour la nature, qu’elle t’a sans doute retransmis. Car deux ou trois jours plus tard, après la réflexion tardive de votre père, toi aussi, tu t’attelais à la tâche aux côtés de Omma. Tu disais que c’était merveilleux d’être en contact avec la nature, mais au fond, Hyun Ki t’avait juré que tu étais « amoureux ». De qui ? De quoi ? Depuis quand ? « comme-ci tu l’ignorais » t’avait-il rétorqué d’un air moqueur, mais le trouble qui s’installait sur ton visage démontrait bien que tu ne savais pas ce dont il parlait, ce dont il supposait parler.

« Je ne réponds à personne d’autre qu’à toi. Et puis, c’est terminé avec cette fille. Elle essaye juste de ravoir sa chance. »

Quand tu étais petit, tu voulais tout le temps la voir, ta meilleure amie. Car elle te rappelait cette fleur qui prenait tant de difficulté à éclore, l’été dernier, et l’été d’avant aussi. Depuis des années tu prends soin de ces pétales, et de son mode de vie. Depuis des années, tu la fais vivre, survivre parmi les feuillages néfastes et les mauvaises herbes – comme Eunnie peut survivre entre les hurlements et les ordres, les difficultés de la vie, et ces envies irrémédiables de fuir la réalité. Aujourd’hui, cette fleur, tu avais oublié de la contempler avant de partir à l’école. Tu savais que tu t’occuperais de la « vraie » fleur, qui ne t’appartient que dans un sens réduit. Pourtant, vous vous êtes promis de le faire. Vous vous êtes promis, en ce jour, à cette date, d’user de vos charmes l’un sur l’autre, de laisser derrière vous votre relation de meilleurs amis, et de tomber dans les bras l’un de l’autre. La petite fleur délicate qu’elle représentait à tes yeux s’offrait à toi, d’une étrange manière, et outre le fait que tu ne saches comment t’y prendre, tu tremblotais de peur de lui faire du mal – à cette fleur délicate, à cette Eunnie délicate.

« Et cette chance, je préfère te la donner à toi… »

Dans un murmure, tu as glissé ces mots fluides à son oreille, un frissonnement parcourant ton échine, parcourant ses doigts posés contre sa peau. Sa main enfoui sous ta ceinture, tu restes statique, pétrifié. Si tu avais su que la petite fleur délicate était une plante dévorante et impatiente, tu te serais mis à l’écart de tout cela, attendant impatiemment le soir arrivant à grand pas, « votre nuit » arrivant à grand pas. Tes doigts viennent frôler la peau lisse, douce, de Eunnie, et ton index retrace l’arrête de sa mâchoire, la courbure de ses lèvres et de son nez fin. Jamais encore tu n’as pu inspecter d’aussi près ces traits que tu admires, adores depuis des années. Te mordant la lèvre, hésitant, tu déposes tes lèvres délicates sur sa fossette, glissant jusqu’au coin de ses lèvres. Tu n’oses pas vraiment l’embrasser. Tu n’oses pas briser cette douceur et cette délicatesse qui n’appartient qu’à elle, dans ton esprit enchevêtré par ces amours interdits qui te font frissonner impudemment. Dans un soupir, ta tête retombe sur son épaule et ton regard se perd à contempler son visage mélodieux. Jamais elle ne t’est apparue si proche, c’est vrai. Jamais elle ne t’est apparue si vivace et désireuse, car ses doigts frôlent encore le tissu de ton sous vêtement et tes soubresauts t’empêchent de respirer. Les tiens, tes doigts, ils sont toujours postés sous sa jupe, sur ses hanches, et ils ne daignent bouger, trop adorateur de la place qu’ils ont pris. Cependant, tu attrapes son menton d’une main, celle de droite, celle qui caressait le haut de sa peau cachée par son sous vêtement en dentelle.

« Cette chance n’appartient qu’à toi et jamais je ne la donnerais à personne d’autre. »

Cette chance. Elle n’appartenait qu’à elle. Depuis des années tu rêvais de la toucher de cette manière, mais épineuse et piquante, il t’était impossible de l’approcher, de peur d’avoir mal, de peur d’être blesser. Eunnie avait beau t’appartenir en tant que meilleure amie, il en valait de soi que cette fleur délicate était impossible à approcher. Incapable de poser un pied en avant vers elle, tu t’es toujours demander pourquoi elle était si froide, avec toi comme avec les autres. Tu restes son Woonie, évidemment. Mais cette fleur, tu veux la découvrir, tu veux l’apprivoiser, depuis tant d’années, depuis tant de temps, que tu ne saurais dire depuis quand exactement ton cœur ne cesse de battre pour cette petite chose.

« Je veux que… Je… »

Accolé contre le mur derrière elle, tu glisses ta main gauche le long de sa taille pour l’attirer un peu plus contre toi et soulever sa délicate silhouette. Ses lèvres à la hauteur des tiennes, tu te saisies déjà celles-ci et scellent tes lèvres aux siennes. Ton autre main s’est attelée à déboutonner son chemisier délicatement. Ton regard est rivé dans le sien et ne le perd pas. Tu ne peux te permettre de perdre un regard, de perdre un instant à la contempler. Cette attraction maladive qu’elle a sur toi depuis des années, elle s’effondre sous ces caresses et ces baisers dont tu l’assailles rapidement.

« Il va être difficile d’attendre 15h, ne Eunnie ? Parce que… Parce que tu… »

Tu désignes sa main dans ton pantalon d’un regard gênée et la sonnerie de fin de pause retentit. Difficile de te défaire de cette douce étreinte quand tes pulsions te demandent de continuer. Un frisson parcourt ton échine, tu te mords la lèvre et ton regard glisse dans le sien. Assise sur la rambarde, elle s’accroche à toi. Tu l’as retient pour qu’elle ne glisse pas, et l’assoie sur l’une des marches de l’escalier de secours. Tu sais que personne ne viendra par ici à cette heure-ci, première sonnerie pour rentrer en cours ou pas. Tes lèvres glissent le long de son cou avant que ton visage ne se dirige vers le fruit interdit que tu attises lors du cours précédent. Un mordillement de lèvres et tes doigts glissent le long du tissu et hésitent sur cette dentelle fine qui t’empêche de continuer. Tes lèvres embrassent son genou, remontant le long de sa cuisse, et la fermeture de sa jupe cède, tu l’entends glisser quand tes lèvres arrivent le long de son entrejambe. Ton regard remonte vers elle ; tu cherches le sien. Cette fleur délicate frissonne. Cette rose dont les épines s’éparpillent sur le sol se laisse découvrir et tu l’admires, amoureux.


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